L’amertume des Balkans occidentaux, en mal d’intégration européenne


Le premier ministre albanais, Edi Rama, son homologue macédonien, Dimitar Kovachevski, et le président serbe, Aleksandar Vucic, le 23 juin 2022 à Bruxelles.

L’octroi à l’Ukraine et à la Moldavie du statut de candidats à l’Union européenne (UE) par les dirigeants des Vingt-Sept, jeudi 23 juin, à Bruxelles, ne pouvait que mécontenter et rendre amers les pays des Balkans occidentaux, qui attendent depuis plusieurs années des progrès en vue de leur intégration.

Trois d’entre eux, le président serbe, Aleksandar Vucic, et les premiers ministres albanais et macédonien du Nord, Edi Rama et Dimitar Kovachevski, ont laissé éclater leur exaspération à l’issue de leur rencontre orageuse avec les dirigeants de l’Union : « manque de crédibilité », « spectacle effrayant d’impuissance », « mécanisme de décision tordu », ont-ils lâché lors d’une conférence de presse tranchant avec les propos habituellement très prudents et longuement soupesés tenus lors des sommets à Bruxelles.

« Nous n’avons rien obtenu », a ajouté M. Vucic. « Je suis profondément attristé pour l’Europe », déclarait M. Rama, partagé entre la colère et l’ironie. Le maigre espoir des dirigeants des Balkans, bloqués dans l’antichambre européenne depuis de longues années, était que les Vingt-Sept leur adressent un signal clair et annoncent un déblocage des négociations en vue de leur adhésion. Il n’en a rien été. Car les Balkans occidentaux ont une nouvelle fois été sacrifiés sur l’autel bulgare au nom de la règle de l’unanimité. Un veto mis par Sofia a, en effet, bloqué l’ouverture possible de négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord (candidate depuis 2005) pour des raisons de contentieux historiques et culturels.

Bloquées, aussi, les discussions pour l’Albanie (2014), les deux dossiers étant liés. La Serbie (2012), le Monténégro (2010) sont – avec la Turquie, en attente depuis 1999 – les autres pays candidats ; la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo – que cinq Etats membres de l’Union ne reconnaissent toujours pas – et la Géorgie représentent des candidats « potentiels ».

Contentieux entre Serbie et Kosovo

La veille, une motion de censure contre le premier ministre bulgare, Kiril Petkov, avait été votée au Parlement de Sofia et aucun changement n’interviendra avant un éventuel vote de l’assemblée pour lever le veto. Préalablement à ce coup de théâtre, des avancées étaient pourtant espérées : le premier ministre désavoué s’était montré favorable à la recherche d’une solution avec la Macédoine du Nord.

Une situation qui pouvait servir d’excellent prétexte à certains dirigeants, peu désireux de relancer un débat général sur l’élargissement, très sensible dans des pays comme les Pays-Bas, le Danemark ou la France. Un autre blocage majeur subsiste : le contentieux entre le Kosovo et la Serbie, qui refuse de le reconnaître, n’a toujours pas été résolu par le dialogue parrainé par l’UE.

Il vous reste 50.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess