L’ancien directeur du Théâtre national grec soupçonné d’abus sexuels sur mineurs

C’est sur la place Metaxourgeio, dans un quartier populaire du centre d’Athènes, où habitent de nombreux immigrés, que A. E. aurait été abordé en 2010 par Dimitris Lignadis, acteur et metteur en scène renommé en Grèce. Il lui promettait de l’aider à percer dans le milieu du théâtre. Invité à passer dans son appartement, le jeune adolescent, qui n’avait alors que 14 ans, explique qu’il a reçu de l’alcool et des drogues avant d’être violé par le quinquagénaire.

Le témoignage glaçant de ce deuxième plaignant contre Dimitris Lignadis, 56 ans, ancien directeur artistique du Théâtre national grec, publié dans la presse ce week-end, a eu l’effet d’une bombe. Début février, un premier jeune homme a déposé plainte contre Dimitris Lignadis pour des faits similaires non prescrits remontant à 2015. Il avait démissionné, le 6 février, de son poste de directeur, invoquant un « climat toxique de rumeurs, d’insinuations et de fuites ».

Après cette deuxième plainte, l’ex-directeur du Théâtre national, qui a nié les faits, a été placé en garde à vue. Il devait être auditionné par un juge, mercredi 24 février. D’après plusieurs médias grecs, d’autres cas d’« agressions sexuelles et de comportements indécents envers des mineurs » doivent être examinés par la justice cette semaine. Lundi, le président du Syndicat national des acteurs, Spyros Bibilas, a déposé un dossier au parquet d’Athènes après avoir recueilli des centaines de témoignages à l’encontre de Dimitris Lignadis.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Quoi que je lui dise, il ne s’arrêtait pas… » : la Grèce voit poindre à son tour un mouvement #metoo

Après les révélations du site d’information de gauche Documento, qui affirmait dimanche que des enfants réfugiés, auxquels le metteur en scène donnait des cours de théâtre, figuraient parmi les victimes, le parquet a également ouvert une enquête concernant l’implication de foyers associatifs pour mineurs qui avaient participé à ces ateliers de théâtre entre 2017 et 2018. Sofia Vgenopoulou, la directrice du programme mis en place par le Théâtre national, a tenu cependant à préciser : « Durant cette période, Dimitris Lignadis n’a jamais été impliqué ni dans la conception, ni dans l’organisation, ni dans l’enseignement d’un quelconque atelier du Théâtre national à destination de mineurs ou même d’adultes. »

« Crime odieux »

En pleine vague #metoo en Grèce, lancée par la championne olympique Sofia Bekatorou, victime de harcèlement et d’abus sexuels de la part d’un responsable de la fédération de voile en 1998, cette nouvelle affaire prend la tournure d’un scandale politique. Le principal parti d’opposition, Syriza (gauche radicale), accuse le gouvernement d’avoir tenté de « camoufler l’affaire » et de ne pas avoir donné suite aux premières révélations, en ne lançant pas d’enquête. « Depuis maintenant plus de vingt jours, notre pays se trouve face à des révélations choquantes, à un crime odieux impliquant le viol de mineurs et peut-être même un réseau de pédophilie, mais aussi face à un scandale majeur impliquant une tentative de dissimulation de ces actes », a dénoncé, lundi, l’ex-premier ministre Alexis Tsipras.

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via LeMonde

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