L’animateur de radio Rush Limbaugh, précurseur de la radicalisation du Parti républicain, est mort

Rush Limbaugh et Donald Trump, à Cap-Girardeau (Missouri), le 5 novembre 2018. Rush Limbaugh et Donald Trump, à Cap-Girardeau (Missouri), le 5 novembre 2018.

Rush Limbaugh, l’animateur de radio au langage provocateur, précurseur de la radicalisation du Parti républicain aux Etats-Unis, est mort, mercredi 17 février, à Palm Beach, en Floride. Il avait 70 ans. En février 2020, il avait annoncé souffrir d’un cancer du poumon.

L’épouse de l’animateur a annoncé sa mort à l’antenne, où il rassemblait, chaque jour, quelque 15 millions d’auditeurs pour un talk-show plein de vindicte : contre les démocrates, les féministes – appelées « féminazies » –, les immigrés, les écologistes et tous ceux qui, au Parti républicain, prônaient le compromis. Rush Limbaugh mêlait argumentation et insultes, complotisme et divertissement, dans un style qui a fait fureur, puis école, chez les conservateurs. « Il a été à l’origine de la stratégie politique qui a permis à Trump d’accéder à la Maison Blanche », a estimé le Washington Post.

Rush Limbaugh était né à Cap-Girardeau, sur les bords du Missouri, le 12 janvier 1951, dans une famille bourgeoise. Son grand-père était ambassadeur en Inde, son père avocat. Aux études universitaires, il a préféré l’activité de disc-jockey. En 1984, une radio de Sacramento (Californie) lui a offert sa première émission de commentaires politiques. Il y a trouvé son style, profitant de la vague anti-impôts qui s’était emparée de la classe moyenne blanche californienne, saisie d’anxiété par l’affirmation des minorités.

Un rôle essentiel dans la reconquête des républicains

En 1988, le « Rush Limbaugh Show » est devenu national. L’animateur a profité de l’abrogation par Ronald Reagan du « Fairness Act » de 1949, qui imposait aux diffuseurs de présenter « honnêtement » tous les aspects d’une question controversée. La suppression, en 1987, de ce principe d’impartialité est considérée comme la source de l’envenimement du discours politique aux Etats-Unis.

Pour Rush Limbaugh, la déforestation est une vue de l’esprit (l’Amérique est « plus boisée aujourd’hui qu’en 1492 ») ; les défenseurs des sans-abri, des « fascistes de la compassion » ; et Guantanamo, un Club Med pour terroristes

Libéré de l’obligation d’équilibre des points de vue, Rush Limbaugh a pu faire toute la surenchère qu’il souhaitait, sans craindre de droit de réponse ou de poursuite en diffamation. Les politologues l’ont crédité d’un rôle essentiel dans la reconquête de la Chambre des représentants par les républicains, en 1994, après des décennies dans la minorité. L’establishment a dû composer avec son influence. George Bush père l’a invité à passer la nuit dans la célèbre chambre à coucher de Lincoln à la Maison Blanche. Autre heure de « gloire » : sous Bill et Hillary Clinton, à qui il vouait une haine coriace, au point de dénigrer le physique de leur fille, Chelsea, âgée de 12 ans seulement.

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via LeMonde

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