L’appel de François Hollande à l’Allemagne : « L’accès aux vaccins contre le Covid-19 ne peut pas être un privilège »

Tribune. Quel souvenir gardera-t-on du rôle de l’Europe dans le combat contre cette pandémie ? Comme une union vieillissante, fermée sur elle-même ? Ou comme une réelle puissance mondiale, au cœur des réponses collectives aux enjeux de notre temps ? C’est la question que nous devons nous poser, en particulier de Paris à Berlin.

Le multilatéralisme s’est affaibli laissant du terrain au repli sur soi et au retour des égoïsmes nationaux. Les inégalités se sont aggravées par manque de régulation de la mondialisation. Le marché s’est emparé de l’espace autrefois occupé par les Etats.

Pourtant, dans ce contexte, les dirigeants du monde entier sont face à un défi immense : vaincre ensemble une pandémie mondiale ayant coûté la vie à des millions de personnes et dévasté des communautés entières ; une crise qui a bouleversé l’économie mondiale et a déjà conduit à une explosion de la pauvreté dans le monde.

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Nous avons pourtant la solution. Grâce au progrès scientifique, l’humanité a su créer des vaccins sûrs et efficaces en un temps record. Cette prouesse est la victoire de brillants scientifiques et d’années d’investissements publics dans la recherche. L’Allemagne, ainsi que l’Union européenne (UE) doivent être fières de leur rôle dans le développement de la technologie à ARN messager, qui s’est révélée déterminante dans la lutte contre le Covid-19.

Mais quelle est l’efficacité d’un vaccin si des milliards de personnes n’y ont pas accès ?

200 000 décès en Afrique

Les inégalités vaccinales continuent de se creuser chaque jour. Actuellement, seulement 2 % des habitants des pays les plus pauvres de la planète ont reçu une première dose de vaccin, contre 60 % de personnes pleinement vaccinées dans l’UE. Nous avons déjà dépassé le triste cap des 200 000 décès liés au Covid-19 sur le continent africain.

Les pays en développement du monde entier, sous l’impulsion de l’Afrique du Sud et de l’Inde, ont exhorté les pays riches à soutenir leur demande de levée temporaire des brevets sur les vaccins contre le Covid-19. Cette revendication portée au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) permettrait de casser les monopoles détenus par une poignée de groupes pharmaceutiques – dont les bénéfices faramineux enregistrés depuis deux ans ont largement couvert leurs investissements initiaux – et de partager les technologies nécessaires pour produire les doses nécessaires. Car nous le savons, des capacités de production sous-exploitées existent.

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De nombreuses voix se sont associées à cette démarche, notamment les dirigeants des Nations unies, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le docteur Tedros Adhanom, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ainsi que de nombreux scientifiques et économistes de renom du monde entier.

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via LeMonde

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