L’armada chinoise dans les eaux philippines, une « action provocatrice de militarisation de la zone »

Des navires miliciens chinois alignés en mer de Chine du Sud, le 22 mars 2021.

Les protestations officielles des Philippines n’y font rien : l’armada de quelque 200 navires chinois qui se tient dans la zone économique exclusive (ZEE) du pays ne bouge pas. La pêche n’est pas son but. Sur la mer, l’alignement de ces bateaux à coque bleue et aux massifs blancs, attribués aux milices maritimes paramilitaires de Pékin, prend depuis deux semaines l’allure d’une menace muette, en stationnant près de l’îlot inhabité communément nommé Whitsun Reef, dans l’archipel des Spratleys.

Le petit récif corallien de 10 km2 en forme de boomerang est baptisé « Julian Felipe » par les Philippines, mais il est aussi revendiqué sous le nom de Niu’e Jiao par la Chine et de Da Ba Dau par le Vietnam. Cette portion de la mer de Chine du Sud est un bouillon de tensions, surtout depuis que Pékin, la revendiquant comme son bastion, y a construit des bases militaires sur des îlots artificiels. Accélérée depuis 2010, cette sanctuarisation agressive des intérêts chinois, soutenue par des moyens navals devenus puissants, se développe en violation du droit international de la mer.

La flottille, d’abord évaluée à 220 navires, serait arrivée le 7 mars dans la zone où elle s’est aussitôt mise en ligne. Mais ce n’est que dimanche 21 mars que Manille a protesté par la voie diplomatique contre cette encombrante présence. Dénonçant une « action provocatrice de militarisation de la zone », le secrétaire à la défense philippin, Delfin Lorenzana, a en outre exigé le départ immédiat des navires : « Nous nous opposons à tout mouvement ou tout empiètement dans ce territoire souverain. »

« Intimider, provoquer et menacer »

En publiant des photos impressionnantes lundi 22 mars, un haut responsable militaire a, en outre, précisé que les avions de patrouille maritime philippins avaient identifié 183 navires chinois dans la ZEE nationale. Ces images de l’armée, témoignant d’une mer calme sous un ciel clair, ont démenti l’argument avancé par Pékin pour justifier cette présence : la « pratique normale de bateaux de pêche chinois » qui ont eu besoin de s’abriter en raison de « conditions de mer difficiles ».

Lire aussi La Chine n’a pas de droits historiques en mer de Chine

La Chine nie également que ses bateaux relèvent de ses milices placées sous le commandement de l’armée populaire. Et revendique être en terre nationale : « Niu’e Jiao fait partie de [la région chinoise de] Nansha Qundao », le district administratif créé par Pékin en mer de Chine du Sud, précise un communiqué diffusé par son ambassade à Manille, en ajoutant que « des bateaux de pêche chinois pêchent dans ses eaux adjacentes depuis de nombreuses années ».

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via LeMonde

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