L’armée britannique réduit ses troupes et investit dans le cyber

Plus d’investissements dans le cyber, le spatial, et moins de troupes au sol, c’est, à gros traits, le programme qu’a présenté le ministre anglais de la défense, Ben Wallace, à l’occasion de la publication, lundi 22 mars, d’un document officiel – dit « Defence Command Paper » – balayant l’ensemble des moyens et projets de l’armée britannique pour les années à venir. Un virage assumé, qui dit tenir compte des nouvelles menaces, de la modernisation nécessaire des équipements, mais aussi des limites budgétaires d’un pays menacé par une des récessions les plus brutales d’Europe en raison de la pandémie de Covid-19.

L’analyse complète de ce document de 70 pages va, comme toutes les revues militaires de ce type, prendre plusieurs semaines aux observateurs spécialisés et aux états-majors des nombreux pays potentiellement concernés par ses répercussions. D’autant qu’il fait suite à l’« Integrated Review », une autre publication stratégique diffusée le 16 mars, sorte de boussole de la politique étrangère du Royaume-Uni post-Brexit. Lors de la présentation de ce précédent document, le gouvernement de Boris Johnson a fait couler beaucoup d’encre en annonçant une révision, à la hausse, du plafond de stock de têtes nucléaires.

C’est dans ce contexte que l’exécutif britannique s’est cette fois lancé, lundi, dans l’annonce de la réduction de son armée de terre. D’ici à 2025, ses effectifs qui sont aujourd’hui au nombre de 76 000 à temps plein, devraient connaître une perte de 3 500 hommes, et atteindre ainsi le seuil plancher de 72 500, selon ce nouveau « Defence Command Paper ». Pour ce faire, l’armée de terre sera fortement réorganisée afin de devenir « plus autosuffisante ». Elle comptera « moins d’unités logistiques », moins de médecins, de mécaniciens et d’électriciens, assure le document présenté.

Nouvelles têtes nucléaires

En revanche, le secteur du cyber, avec un budget de 500 millions de livres sterling annoncé (580 millions d’euros), le domaine du spatial (plus de 5 milliards sur dix ans), et globalement toutes les technologies permettant d’affronter les nouvelles menaces hybrides, apparaissent comme les grands gagnants de cette redéfinition des ambitions militaires britanniques. La marine bénéficie aussi d’un programme détaillé de projets pour la « renaissance » de l’industrie navale dans le but, en particulier, de la rendre plus opérationnelle dans la région indo-pacifique, que les Britanniques, comme toutes les grandes puissances militaires, ont dans leur viseur en raison de l’expansionnisme chinois.

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via LeMonde

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