L’armée chinoise annonce pouvoir former plus vite ses pilotes de chasse


Un avion ravitailleur et deux chasseurs J-10 survolent Pékin, lors de la parade militaire du 1er octobre en 2019.

L’armée de l’air chinoise a qualifié au combat sa première promotion de jeunes pilotes de chasse formés sur le J-10, des cadets de 23 ans qui vont rejoindre les escadrilles opérationnelles, ont annoncé les médias d’Etat de la Chine samedi 23 juillet.

L’académie de l’air de Shijiazhuang aurait réceptionné ses tout premiers J-10 d’entraînement en 2020. Grâce à elle, les cadets, dont le nombre n’a pas été communiqué, décrocheraient leur aptitude au combat en trois ans, contre six auparavant en étant instruits sur divers appareils. « La proportion d’entraînements tactiques, comme le combat aérien multi-appareil et les opérations de tir réel, ont été augmentés », assure le site de la commission militaire centrale (CMC) du Parti communiste chinois.

Cette annonce survient alors que les tensions autour de Taïwan sont plus vives que jamais. Dans les airs, l’Armée populaire de libération (APL) affronte deux défis. Elle doit recruter assez de personnel compétent pour accompagner sa modernisation fulgurante – elle disposerait d’environ 1 300 avions de chasse, mais en majorité obsolètes. Elle est aussi sommée par le Parti de mieux se préparer au combat. L’armée de l’air ne s’est remise qu’à la fin des années 1990 des années noires du maoïsme, qui avaient vu la quasi-totalité de ses écoles techniques fermer. Aujourd’hui, elle aguerrit ses pilotes en situation réelle en envoyant d’énormes escadrilles pénétrer la zone d’identification et de défense de Taïwan – 969 incursions en 2021, déjà 600 en 2022.

Quelque 250 exemplaires opérationnels

« Le test de nouvelles méthodes d’entraînement est une mesure importante du renforcement des forces armées [en vue] d’accélérer l’émergence d’une nouvelle génération de capacités de combat », vante donc la CMC. C’est dans cette optique qu’en septembre 2021, Chang Dingqiu, un général de 54 ans, lui-même pilote de chasse, a été placé à la tête des forces aériennes.

Fabriqué à Chengdu (au centre-ouest de la Chine), l’avion multirôle J-10, développé à partir de technologies russes (Soukhoï) et israéliennes (Lavi), était entré en service dans une version basique en 2004. Depuis, le chasseur-bombardier chinois de quatrième génération n’a cessé d’être aperçu dans des versions nouvelles, jusqu’à emporter un moteur national et non plus russe, repéré pour la première fois en 2021 sur le J-10C. Pékin en aurait vendu vingt-cinq exemplaires au Pakistan pour succéder au J-17 cofabriqué, et deux ont été livrés.

L’appareil serait le premier chasseur à soutenir la comparaison avec les F-16 américains ou les MIG-29 russes, même si ses performances réelles demeurent à prouver. L’APL a annoncé vouloir en faire la colonne vertébrale de ses forces, avec quelque 250 exemplaires opérationnels. Le Pentagone, qui dispose de moyens aériens supérieurs, prend très au sérieux cet aspect de la croissance militaire chinoise. Car avec ses J-10C, ses ravitailleurs en vol, ses avions de guerre électronique, les J-15 de ses porte-avions et ses bombardiers furtifs J-20, l’APL peut désormais mener des opérations de longue portée dans le Pacifique.

via LeMonde

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