L’Asie du Sud-Est tentée par l’énergie nucléaire


La centrale nucléaire de Bataan, aux Philippines, le 5 avril 2022.

L’Asie du Sud-Est ne dispose pas encore de réacteurs nucléaires en service, mais cela pourrait changer. Depuis la fin mai, l’Indonésie, le Vietnam et les Philippines ont, tour à tour, fait part de leur intention de se doter de capacités électronucléaires pour répondre à leur besoin croissant d’énergie et réduire leur dépendance aux énergies fossiles.

La région, qui importe 40 % de ses besoins énergétiques, dépend pour l’instant largement du Moyen-Orient pour ses hydrocarbures, ainsi que de l’Australie pour le charbon. Le « mix » énergétique de l’Asie du Sud-Est repose, en effet, à 80 % sur le fossile, le reste étant comblé par les énergies renouvelables, et notamment les barrages hydroélectriques. Dans ces conditions, le nucléaire devient attrayant, même si les experts doutent que toutes ces annonces se concrétisent.

En Indonésie, un nouveau projet de loi a été présenté, début juin, afin de se doter d’une première centrale nucléaire d’ici à 2045. Le quatrième pays le plus peuplé du monde compte mettre en place une institution qui surveillera le développement et l’exploitation de la centrale. « Même si la loi est votée au Parlement, cela ne signifie pas que les choses vont bouger au niveau politique et administratif, relativise Philip Andrews-Speed, chercheur principal à l’Energy Studies Institute de l’université nationale de Singapour. Il précise que le gouvernement indonésien est « fragmenté » et que les localités régionales ont énormément de pouvoir.

« Une tendance inévitable »

Au Vietnam, développer l’énergie nucléaire est « une tendance inévitable », a déclaré le ministre de l’industrie et du commerce, Nguyen Hong Dien, fin mai, devant l’Assemblée nationale. En 2016, un projet pour la construction de deux centrales nucléaires par le groupe russe Rosatom et le japonais Japan Atomic Power dans la province du Ninh Thuan (centre) avait été abandonné en raison de contraintes budgétaires, mais le ministre a rappelé que le projet avait été « suspendu » et non « annulé », laissant entendre que les autorités pourraient relancer ce projet.

« Nous ne pouvons pas développer davantage de centrales à charbon, alors que le potentiel hydroélectrique du pays a été pleinement exploité », a-t-il encore indiqué, tout en ajoutant que le pays, qui dit viser la neutralité carbone en 2050, avait besoin d’une source d’énergie « stable ». Pour Philip Andrews-Speed, l’existence d’un projet ainsi que le caractère autoritaire du régime font penser que le Vietnam est bien placé pour être le premier pays de la zone à se doter de centrales atomiques.

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via LeMonde

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