L’assassinat du procureur Marcelo Pecci provoque l’émoi au Paraguay


La procureure générale Sandra Quinonez, à Asuncion (Paraguay), le 10 mai 2022.

Une mer de rêve, un couple en lune de miel, deux tueurs. La scène s’est déroulée sur la plage de Bar, près de la ville coloniale de Carthagène des Indes, dans le nord de la Colombie, mardi 10 mai. Le procureur paraguayen, spécialiste de la lutte contre la drogue, Marcelo Pecci et sa jeune épouse journaliste, Claudia Aguilera, prenaient le soleil sur la plage de l’Hôtel Decameron, seulement accessible par la mer. Elle venait d’annoncer qu’elle était enceinte. Les assassins sont arrivés en jet-ski. Ils ont tiré « sans un mot », précisera Mme Aguilera. Marcelo Pecci, 45 ans, est mort sur le coup, de trois balles de 9 mm.

Le Paraguay est consterné. « Le lâche assassinat du procureur Marcelo Pecci en Colombie endeuille toute la nation paraguayenne », a déclaré le soir même le président paraguayen Mario Abdo Benitez (droite), sur son compte Twitter. Le corps de M. Pecci devait être rapatrié ce vendredi 13 mai à Asuncion.

Selon Mme Aguilera, Marcelo Pecci n’avait reçu aucune menace. Mais, il enquêtait dans son pays sur des affaires sensibles. Il avait notamment contribué à l’opération « A Ultranza Py » considérée comme la plus grande opération jamais menée au Paraguay contre le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.

Portrait-robot

En évoquant un « système de crime organisé transnational », le chef de la police colombienne, le général Jorge Luis Vargas, a signalé mercredi que le meurtre du procureur avait été « hautement planifié » et qu’il avait demandé « un gros investissement en ressources ». M. Pecci aurait été suivi depuis son départ du Paraguay. Asuncion a dépêché une commission d’enquête pour travailler avec la police colombienne. Les Américains ont proposé leur aide. L’agence antidrogue DEA et le FBI sont aussi sur l’enquête. En privé, un fonctionnaire colombien s’étonne que le procureur ait voyagé dans son pays « sans apparemment se soucier de sa sécurité ». Les tueurs à gages se recrutent facilement en Colombie.

Les autorités colombiennes ont offert une récompense de 2 milliards de pesos (environ 467 000 euros) pour la capture des coupables. Une caméra de sécurité a filmé l’un des assassins, en short blanc et chapeau de soleil, au moment où il louait le jet-ski. Un portrait-robot a été diffusé. Le général Vargas a précisé que l’homme avait un accent « caribéen ». Jeudi, il se précisait à la radio : « Je n’ai jamais dit qu’il était vénézuelien. » « Ce n’est pas tant celui qui a tiré que nous voulons trouver, que l’organisation criminelle qui est derrière lui », a expliqué pour sa part la vice-procureure générale colombienne Marta Mancera.

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via LeMonde

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