L’Australie classe l’ensemble du Hezbollah comme « organisation terroriste »

Des soutiens du Hezbollah lèvent le poing devant la retransmission d’un discours du leader du mouvement chiite, Hassan Nasrallah, à Beyrouth, le 11 novembre 2021.

L’Australie met fin à la distinction entre la branche armée et la branche politique du Hezbollah. Le gouvernement a classé, mercredi 24 novembre, tout le mouvement libanais comme « organisation terroriste ».

Le puissant mouvement chiite « continue de menacer d’attentats terroristes et de soutenir les organisations terroristes » et constitue une menace « réelle » et « crédible » pour l’Australie, a justifié la ministre de l’intérieur australienne, Karen Andrews. L’appartenance à l’organisation ou son financement seront désormais interdits en Australie, où vit une importante communauté libanaise.

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Le mouvement chiite, représenté au Parlement libanais, est la seule faction à ne pas avoir abandonné son arsenal militaire au sortir de la guerre civile (1975-1990). Il dispose d’une puissante milice soutenue et armée par l’Iran, qui l’a employée dans ses guerres par procuration dans la région.

Certains pays, comme les Etats-Unis, Israël, mais aussi l’Allemagne, ont déjà inscrit le Hezbollah sur leurs listes respectives des groupes terroristes. D’autres pays, dont la France, se refusent cependant à sanctionner l’aile politique du groupe, craignant que cela n’entrave leurs relations avec les autorités libanaises ou ne déstabilise encore davantage le pays, en grande partie contrôlé par le mouvement.

Décision saluée par Israël

Naftali Bennett, premier ministre israélien, a salué la décision de Canberra, qualifiant son homologue australien, Scott Morrison, d’« ami ». « Le Hezbollah est une organisation terroriste libanaise soutenue par l’Iran, responsable d’innombrables attaques en Israël et à travers le monde », a-t-il tweeté.

En décembre 2018, Scott Morrison avait décidé de reconnaître Jérusalem-Ouest comme capitale d’Israël. Il avait évoqué cette possibilité un peu plus tôt, à quelques jours d’une élection partielle, mais cruciale pour sa courte majorité, espérant ainsi séduire l’électorat juif.

Mercredi, l’ambassade d’Israël à Canberra a salué l’annonce de la ministre de l’intérieur, affirmant qu’« il n’y a pas de division entre la branche politique et militaire de l’organisation terroriste Hezbollah ». « Cette reconnaissance est essentielle pour combattre la menace durable du terrorisme », a-t-elle ajouté.

Aucune raison n’a été donnée pour expliquer cette décision, prise au moment où le Liban est plongé dans une profonde crise économique et politique. Les Libanais, dont près de 80 % vivent sous le seuil de pauvreté, se battent pour survivre avec des revenus limités, des coupures d’électricité sans fin, des pénuries diverses, dont de carburant, et une très forte inflation.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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