Le bilan du séisme en Haïti s’alourdit à plus de 1 400 morts, les secours s’activent

Le séisme qui a touché Haïti samedi a causé la mort de 1 419 personnes et fait plus de 6 900 blessés.

Des bâtiments éventrés et des dépouilles coincées dans les décombres. Deux jours après le puissant séisme qui a frappé Haïti, faisant plus de 1 400 morts, les secours s’activaient, lundi 16 août, à la recherche de personnes disparues ou bloquées sous les ruines, à l’approche d’une tempête qui menace d’aggraver encore la situation.

La dépression tropicale Grace fait en effet planer le risque d’inondations et de glissements de terrain en Haïti, a averti le Centre national des ouragans, établi à Miami.

Selon un dernier bilan de la protection civile haïtienne lundi après-midi, 1 419 personnes sont mortes et plus de 6 900 ont été blessées dans le séisme qui a secoué le sud-ouest du pays, samedi vers 8 h 30, heure locale (14 h 30, heure de Paris). Plus de 37 000 maisons ont été détruites.

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Dans la petite ville balnéaire de Port-Salut (sud-ouest) comme dans le reste des régions affectées, les habitants étaient confrontés à un dilemme : rester dehors pour se protéger des répliques ou entrer dans des bâtiments endommagés pour s’abriter des fortes intempéries attendues avec la dépression tropicale Grace.

L’hôpital de la ville a tranché : il faut essayer de protéger les patients qui s’entassent dans la cour, sous des bâches en plastique, depuis le tremblement de terre. En milieu de journée lundi, les malades étaient transférés à l’intérieur de l’établissement.

Aux côtés des infirmières qui s’occupent des blessés, Aline Cadet, une sage-femme de 26 ans interrogée par l’Agence France-Presse, est minée par l’annonce des bulletins météorologiques. « On ne sait pas du tout comment on va gérer », lâche-t-elle. « Il y a des femmes enceintes ici, certaines ont perdu leur bébé en tombant ou en étant blessées », déplore-t-elle.

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Aide internationale

Du personnel et des médicaments ont été acheminés par le ministère de la santé pour venir en aide aux sinistrés, mais la logistique d’urgence est aussi mise en péril par l’insécurité qui mine Haïti. Sur un peu plus de 2 kilomètres, l’unique route reliant la capitale à la moitié sud du pays traverse le quartier pauvre de Martissant, sous contrôle des gangs armés depuis le début du mois de juin, empêchant la libre circulation.

De nombreux pays – dont les Etats-Unis, la Républicaine dominicaine, le Mexique ou encore l’Equateur – ont offert leur aide avec l’envoi de personnel, de rations d’urgence et d’équipements médicaux. Lundi, l’armée américaine a annoncé la constitution d’une mission militaire conjointe chargée d’évaluer la situation dans les zones affectées grâce à des moyens aériens d’observation. Les images aériennes « aideront à déterminer quelle aide est nécessaire, où et quand », a expliqué le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

Le premier ministre haïtien, Ariel Henry, qui a décrété l’état d’urgence pour un mois dans les quatre départements affectés, a remercié la communauté internationale, dimanche. « Nous voulons donner une réponse plus adaptée qu’en 2010 après le tremblement de terre. Toutes les aides venant de l’extérieur doivent être coordonnées par la direction de la protection civile », a exigé le chef du gouvernement, tout en appelant ses concitoyens à « l’unité nationale ». « Oublions nos querelles », a plaidé M. Henry qui dirige le pays le plus pauvre des Amériques, en pleine crise depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet.

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Le séisme du 12 janvier 2010, de magnitude 7, avait ravagé la capitale et plusieurs villes de province. Plus de 200 000 personnes avaient péri et plus de 300 000 autres avaient été blessées lors de cette catastrophe. Plus d’un million et demi d’Haïtiens s’étaient ensuite retrouvés sans logis, plaçant les autorités et la communauté humanitaire internationale face au défi colossal d’une reconstruction dans un pays sans cadastre ni règles de bâti. Les efforts du pays pour se relever de cette catastrophe avaient été ralentis par la forte instabilité politique.

Le Monde

via LeMonde

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