Le Canada va interdire l’importation des armes de poing


Une arme de poing Ruger GP100, calibre 357 Magnum, prise dans la vitrine d’un magasin, le 3 juin 2022 à Ottawa, au Canada.

Le gouvernement canadien a annoncé, vendredi 5 août, qu’il allait interdire l’importation des armes de poing pour tenter d’enrayer la violence par armes à feu dans le pays. Il s’agit d’une « interdiction temporaire » appliquée dès le 19 août aux particuliers et aux entreprises et ce, « jusqu’à l’entrée en vigueur du gel national », est-il précisé dans un communiqué.

Le projet de loi pourrait entrer en vigueur à l’automne. Ces armes « n’ont qu’un seul but, tuer des gens », a souligné le ministre de la sécurité publique, Marco Mendicino, lors d’un déplacement à Etobicoke, dans la banlieue de Toronto.

Le groupe PolySeSouvient, qui représente des survivants et des familles de victimes de violence armée, a salué une « mesure importante et novatrice qui ralentira incontestablement l’expansion du marché canadien des armes de poing en attendant l’adoption du projet de loi ».

Contrebande d’armes venues des Etats-Unis

Malgré toutes les mesures mises en place par Ottawa pour tenter de réduire la violence armée, des experts restent sceptiques quant à leur efficacité, pointant la contrebande d’armes venues des Etats-Unis comme étant le véritable problème. Mercredi, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a d’ailleurs annoncé deux importantes saisies dans l’ouest du pays d’« armes à feu fantômes », qui n’ont pas de numéro de série et sont difficiles à tracer. Du 1er janvier 2019 au 30 juin 2022, l’ASFC de la région du Pacifique a saisi 581 armes à feu aux points d’entrée et dans des envois postaux internationaux.

Cette annonce intervient quelques mois après que Justin Trudeau a dévoilé en mai un projet de « gel national de la possession d’armes de poing » après les récents carnages aux Etats-Unis, qui avaient tué vingt et une personnes dans une école primaire du Texas et dix dans un supermarché de l’Etat de New York.

La déclaration de M. Trudeau avait alors poussé des Canadiens à se ruer dans les magasins d’armes qui ont, avec l’affluence, très rapidement écoulé leurs stocks. Selon les estimations du gouvernement, il y a plus d’un million d’armes de poing au Canada, pour une population de trente-huit millions de personnes.

Quelque 2 500 magasins vendent des pistolets dans le pays. La mesure survient aussi dans un contexte de recrudescence des crimes liés aux armes à feu : cette semaine trois homicides ont notamment été commis en l’espace de 24 heures dans la région de Montréal.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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