Le chassé-croisé des ambassadeurs renouvelle la direction du ministère des affaires étrangères


Francois Delattre, le secrétaire général du ministère des affaires étrangères, ici le 13 avril 2018 à New York, serait nommé ambassadeur à Berlin.

Le chassé-croisé des ambassadeurs engagé au cœur de l’été livre peu à peu ses secrets. Tandis que le mouvement s’opère discrètement, une chose est sûre : le jeu de carrousel en cours va sans doute entraîner un profond renouvellement à la tête du ministère des affaires étrangères, dont plusieurs piliers sont appelés à prendre des postes d’importance dans des pays du G7.

D’après les décisions prises au conseil des ministres, vendredi 29 juillet, le secrétaire général du ministère, François Delattre, serait en effet désigné comme ambassadeur en Allemagne. Plusieurs noms circulent pour le remplacer, dont celui de l’ambassadrice sortante à Berlin, Anne-Marie Descôtes, ou celui du représentant permanent de la France auprès des Nations unies à Genève, Jérôme Bonnafont, auteur avant son arrivée en Suisse voici à peine un an d’un rapport sur la politique de ressources humaines du Quai d’Orsay.

De surcroît, deux directeurs généraux sur les trois que compte le ministère devraient quitter leurs fonctions. L’actuelle patronne de l’administration, Hélène Duchêne, serait nommée à Londres, où elle doit remplacer Catherine Colonna, devenue ministre des affaires étrangères après la réélection d’Emmanuel Macron. Michel Miraillet (directeur général de la mondialisation) est, quant à lui, en partance pour Ottawa, au Canada.

Par ailleurs, l’actuel directeur des affaires juridiques du ministère, François Alabrune, va devenir ambassadeur aux Pays-Bas, chargé aussi de représenter Paris auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Un poste qui lui permettra de veiller aux travaux de la Cour pénale internationale, très engagée dans les investigations au sujet des crimes de guerre commis en Ukraine par l’armée russe. M. Alabrune remplace Luis Vassy, qui vient de prendre la direction du cabinet de Mme Colonna.

Postes stratégiques restant à pourvoir

A ce stade, ces différentes nominations, comme celles opérées dix jours plus tôt pour une trentaine de pays, sont plutôt de nature à rassurer les diplomates, échaudés par la refonte du Quai menée à l’instigation de l’Elysée, dans le cadre de la réforme de la haute fonction publique. Beaucoup craignent en effet que la mise en extinction d’ici à la fin de l’année des deux corps au cœur du ministère – les conseillers des affaires étrangères et les ministres plénipotentiaires – ne permette à l’exécutif de procéder à des choix plus politiques, au détriment des diplomates professionnels, aguerris aux affaires du monde. Fait rarissime, le 2 juin, une bonne partie de la hiérarchie du Quai, dont Michel Miraillet, avait fait grève contre ces mesures.

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via LeMonde

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