Le débat sur la vaccination obligatoire prend de l’ampleur aux Etats-Unis

Le gouverneur de la Louisiane, John Bel Edwards, recommande aux habitants de son Etat de recommencer à porter des masques à l’intérieur, qu’ils soient vaccinés contre le Covid-19 ou non, à Baton Rouge, le 23 juillet 2021.

Confrontés à la résurgence de la pandémie, les Etats-Unis se démènent pour éviter de retomber dans les affres des taux de contamination du printemps. Jeudi 29 juillet, le président, Joe Biden, devait annoncer un ensemble de mesures pour lutter contre la propagation du variant Delta. Parmi celles-ci, une disposition à laquelle l’administration rechignait, compte tenu de ses implications politiques dans un pays où les résistances au vaccin anti-Covid sont fortes : la vaccination obligatoire pour les fonctionnaires du gouvernement fédéral, soit quelque 2 millions de personnes.

Selon les détails qui ont filtré dans la presse, les fonctionnaires devront produire un certificat de vaccination ou subir un test hebdomadaire. Les millions de soldats et d’employés du Pentagone ne sont pas concernés, contrairement aux salariés et personnels médicaux du ministère des anciens combattants qui ont deux mois pour faire la preuve de leur immunisation.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : aux Etats-Unis, efforts tous azimuts pour poursuivre la vaccination

Joe Biden, qui avait démarré son mandat en fanfare et atteint, en cent jours, le double de son objectif initial de 100 millions de vaccinés, bute maintenant sur l’échec de la phase suivante. Lui qui souhaitait que plus de la moitié de ses concitoyens aient reçu leurs deux doses avant la fête nationale du 4 juillet a dû prendre acte que l’objectif n’avait pas été atteint. Il ne l’est toujours pas. A la date du 27 juillet, 49,3 % de la population était entièrement vaccinée (57,6 % des plus de 12 ans), selon les autorités sanitaires.

Retour aux masques

Les Etats-Unis, qui avaient été le deuxième pays à commencer la campagne d’immunisation, derrière le Royaume Uni, à la mi-décembre 2020, se voient maintenant distancés par la Chine, l’Allemagne, la France, l’Espagne, le Canada… En avril, les Etats-Unis administraient plus de 3 millions de piqûres quotidiennes. Dans la semaine du 22 juillet, la moyenne s’est établie à 291 000 par jour.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Aux Etats-Unis, la vaccination de masse contre le Covid-19 se passe dans des « mégacentres » gérés par l’armée

Dans ce contexte, un vaste débat s’est ouvert sur la vaccination obligatoire. Débat cacophonique sachant que le gouvernement fédéral peut difficilement imposer une telle mesure dans un pays aussi décentralisé et soucieux des prérogatives des pouvoirs locaux. Administrations, établissements scolaires, entreprises, commerces ont annoncé des initiatives en ordre dispersé, laissant les citoyens dans la confusion.

Celle-ci n’a pas été dissipée lors de l’annonce par les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) d’un retour aux masques. Mi-mai, l’autorité sanitaire avait – hâtivement, selon certains – levé ses recommandations sur le port du masque à l’intérieur, sauf dans les zones de forte contamination. « Vous pouvez vous débarrasser de vos masques », avait annoncé en exultant la directrice des CDC, Rochelle Walensky. Le 16 juillet, devant la progression du variant Delta, elle a décrit la situation comme la « pandémie des non-vaccinés ». Mardi, les CDC ont revu leur position. De nouvelles données, indiquant qu’en de « rares occasions » des personnes vaccinées « pourraient être contagieuses et transmettre le virus à d’autres », ont « malheureusement obligé » l’autorité à modifier ses recommandations, a expliqué Rochelle Walensky.

Il vous reste 55.22% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

#LuBess