Le débat sur la vaccination obligatoire s’invite dans la campagne électorale allemande

Helge Braun, le secrétaire général de la chancellerie, à Berlin, le 30 juin 2021.

La vaccination contre le Covid-19 pourrait-elle devenir obligatoire en Allemagne ? A deux mois des législatives du 26 septembre, le chef de la chancellerie fédérale, Helge Braun, sorte de super-directeur de cabinet d’Angela Merkel, a clairement laissé entendre que le gouvernement y réfléchissait, même si les choses ne sont pas formulées ainsi.

« En cas d’incidence élevée, les personnes non vaccinées pourraient devoir réduire leurs contacts. Cela signifie qu’accéder à des endroits comme les restaurants, les cinémas ou les stades ne serait plus possible, même pour les personnes non vaccinées qui ont été testées, car le risque de contamination est trop élevé », a déclaré M. Braun, dimanche 25 juillet, au quotidien Bild.

Actuellement, les règles varient selon les Länder. Dans certains, l’entrée des bars et des restaurants est réservée aux personnes totalement vaccinées, à celles qui ont un test négatif récent ou à celles qui ont contracté le virus dans les six derniers mois. Dans d’autres, ce n’est que pour des rassemblements plus importants – dont la jauge n’est pas la même dans toutes les régions – que l’équivalent du passe sanitaire à la française est exigé.

Avalanche de réactions

Comparée à d’autres pays européens, comme le Royaume-Uni, l’Espagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique ou la Grèce, l’Allemagne a été, pour l’instant, beaucoup moins touchée par la quatrième vague de ce début d’été. Mais le variant Delta se répand rapidement : dans Bild, Helge Braun évoque un taux d’incidence de 850 cas pour 100 000 habitants d’ici à la fin septembre, soit environ 100 000 nouveaux cas par jour.

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Pour endiguer l’épidémie, le gouvernement cherche à accélérer le rythme de la vaccination. Avec 55,5 % de la population totalement vaccinée, l’Allemagne se situe dans la moyenne de l’Union européenne. Mais la cadence ralentit, ce qui explique la prise de parole d’Helge Braun, qui marque une inflexion par rapport à ce qu’avait dit Angela Merkel, le 13 juillet, au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron de l’obligation vaccinale pour les personnels soignants. « Je ne pense pas qu’on puisse gagner la confiance en changeant ce que nous avons dit, c’est-à-dire pas de vaccination obligatoire », avait alors déclaré la chancelière.

Sans surprise, les propos de son proche collaborateur ont fait l’effet d’une petite bombe. En envisageant de ne plus donner les mêmes droits aux personnes vaccinées et à celles qui ne le sont pas même si elles sont diagnostiquées négatives après un test, Helge Braun a suscité une avalanche de réactions.

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via LeMonde

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