Le Fatah divisé pour les élections palestiniennes

Le dissident Nasser Al-Qidwa (au centre), et l’épouse de Marouane Barghouti, Fadwa,  après avoir enregistré leur liste commune pour les prochaines élections législatives de mai, à Ramallah, en Cisjordanie, le 31 mars 2021.

Le vieux raïs palestinien et sa garde rapprochée au Fatah n’ont pas ménagé leurs efforts. Ces dernières semaines, alternant menaces et tentatives de conciliation, Mahmoud Abbas a bataillé pour préserver l’unité de son parti en vue des élections législatives du 22 mai, premier test avant la présidentielle prévue fin juillet. Mi-février, le chef de l’Autorité palestinienne (AP) avait même dépêché l’un de ses ministres, Hussein Al-Sheikh, muni d’une rare autorisation des Israéliens, pour rencontrer l’influent cadre du Fatah Marouane Barghouti en prison et le convaincre de rester dans le rang.

Le président Abbas cherchait à s’épargner une confrontation dans les urnes avec ce vétéran des deux Intifadas, bien plus populaire que lui dans les territoires palestiniens. Condamné cinq fois à la perpétuité en Israël, où il est accusé d’avoir fomenté des attentats ayant tué cinq Israéliens, M. Barghouti croupit en détention depuis dix-neuf ans, ce qui l’a tenu éloigné des scandales de corruption qui éclaboussent la plupart des dirigeants à Ramallah et lui a conféré l’aura d’un héros de la résistance palestinienne.

Toutes ces tractations ont finalement échoué, faute d’accord sur les candidats. Mercredi 31 mars, dernier jour de dépôt des listes pour les législatives, le prisonnier de 61 ans a fait savoir, depuis sa cellule, qu’il s’alliait au dissident Nasser Al-Qidwa, neveu de l’ancien président palestinien Yasser Arafat. M. Qidwa avait été exclu du Fatah début mars après avoir formé une liste concurrente. « Marouane Barghouti voulait être candidat pour le Fatah et souhaitait une liste unie du mouvement. Mais des différends se sont fait sentir. Un conflit entre générations ronge le parti qui pâtit aussi de gros blocages, car un certain nombre de dirigeants qui ont participé à la lutte nationale, qui ont été emprisonnés ou se sont illustrés sur le terrain n’arrivent pas à accéder à des postes politiques », observe le politologue palestinien Jihad Harb.

La classe politique est rongée par la corruption

Le parti est miné depuis des années par l’opposition entre différents courants politiques. Or, souligne M. Harb, « à l’approche des élections, ces différences explosent et créent des divisions, car le mouvement ne peut absorber toutes ces factions ». Le Fatah finit ainsi écartelé entre trois listes : celle, officielle, soutenue par le président palestinien, celle de M. Barghouti et M. Al-Qidwa baptisée « Liberté » et celle de Mohammed Dahlan, un ancien proche de Mahmoud Abbas. Exclu du parti en 2011 et condamné pour détournement de fonds en 2016, l’ancien chef des forces palestiniennes dans la bande de Gaza, exilé aux Emirats arabes unis, conserve une relative popularité dans l’enclave. Face à eux, le mouvement islamiste Hamas se présente avec une liste unique.

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via LeMonde

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