Le FBI arrête un employé d’une maison d’édition accusé d’avoir volé des manuscrits de livres non publiés

En 2019, l’autrice Margaret Atwood a fait partie des personnes ciblées, notamment pour les épreuves de son roman « Les Testaments », la suite très attendue de « La Servante écarlate ».

C’étaient des vols déroutants, pas particulièrement lucratifs, mais qui ont intrigué le monde feutré de l’édition. Filippo Bernardini, un Italien de 29 ans, salarié de l’éditeur britannique Simon & Schuster, a plaidé non coupable, jeudi 6 janvier, d’avoir volé ou voulu voler, depuis l’été 2016, les manuscrits de livres non publiés d’auteurs aussi célèbres que Margaret Atwood ou Stieg Larsson.

Le FBI l’a arrêté mercredi à sa descente de l’avion, à l’aéroport John-Fitzgerald-Kennedy de New York. Présenté le lendemain à un tribunal fédéral new-yorkais, M. Bernardini a été inculpé de fraude électronique et usurpation d’identité aggravée, des crimes passibles de vingt-deux ans de prison. Il a été soumis à une caution de 300 000 dollars, « qui sera garantie sur ses biens », et a été placé en « détention à domicile » avec « couvre-feu », a précisé à l’Agence France-Presse un porte-parole du procureur fédéral de Manhattan.

Employé à Londres chez Simon & Schuster, il est soupçonné de s’être fait remettre pendant des années des « centaines de manuscrits non encore publiés », parfois auprès d’auteurs connus ou de leurs représentants, en leur écrivant à partir de de fausses adresses électroniques de responsables de maisons d’édition ou d’agents littéraires, détaille l’acte d’inculpation diffusé par la justice américaine.

Motivations floues

En 2019, l’autrice Margaret Atwood a fait partie des personnes ciblées, avait révélé son agent, et notamment les épreuves de Testaments, la suite très attendue de La Servante écarlate. Selon une enquête du New York Times, en décembre 2020, d’autres auteurs, comme Sally Rooney, Ian McEwan, ou l’acteur Ethan Hawke avaient aussi été visés.

Selon la justice américaine, un vainqueur du prix Pulitzer avait transmis à M. Bernardini « son manuscrit à paraître », en pensant qu’il était son éditeur. Les motivations de M. Bernardini demeurent floues. L’acte d’inculpation ne précise pas ce qu’il a fait des œuvres récupérées ni s’il les a monnayées.

De son côté, Simon & Schuster a annoncé avoir « suspendu » son employé, « dans l’attente de plus amples informations sur l’affaire », en se disant « choqué et horrifié » par les agissements du suspect.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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