Le fonds Bain Capital qui convoite Toshiba cherche à rassurer sur ses intentions


Le siège social de Toshiba, à Tokyo, le 24 mars 2022.

Considéré par son ampleur comme un précédent au Japon, le projet d’acquisition du géant de l’industrie Toshiba par le fonds d’investissement américain Bain Capital se précise. Dans une interview mardi 19 avril donnée au quotidien économique Nihon Keizai, Yuji Sugimoto, chargé des opérations asiatiques de Bain Capital, s’est voulu rassurant, conscient de la défiance du monde des affaires nippon envers les fonds étrangers. Il a annoncé qu’« initialement, il n’y aurait pas de démantèlement du groupe. Nous garderons les activités de Toshiba ensemble et nous nous abstiendrions de toute cession ».

Evoqué depuis plusieurs semaines et semblant conforté par la création, le 6 avril, par Toshiba d’une commission devant « identifier la meilleure offre pour les parties concernées », le projet représenterait un nouveau bouleversement pour le conglomérat dont l’origine remonte à la fin du XIXe siècle avec la création, à Tokyo, d’une activité de production de matériels télégraphique et électrique.

Après la seconde guerre mondiale, Toshiba a connu une forte croissance, s’imposant comme un géant de l’industrie, de l’électronique au nucléaire. L’entreprise compte aujourd’hui près de 190 000 employés et attend des ventes en hausse de 9,2 % à 3 340 milliards de yens (24,1 milliards d’euros) et des revenus opérationnels en progrès de 48,5 % à 155 milliards de yens (1,1 milliard d’euros) au terme de l’exercice clos fin mars.

Imbroglio comptable et industriel

Ces bons résultats masquent mal les difficultés accumulées depuis les révélations, en 2015, de falsification de bilans comptables pendant sept ans, qui l’ont contraint à d’importantes restructurations. En 2017, un imbroglio comptable et industriel dans son activité nucléaire aux Etats-Unis, conséquence de son rachat en 2006 de Westinghouse, l’avait amené au bord de la faillite. Pour l’éviter, le groupe avait émis pour 600 milliards de yens (4,3 milliards d’euros) de nouvelles actions. Des investisseurs activistes sont entrés à son capital et pèsent depuis sur sa stratégie.

Cette pression s’ajoute aux difficultés de la direction de définir une stratégie convaincante à moyen et long terme. En mars, les actionnaires ont rejeté un projet formulé en novembre 2021, de division du groupe en trois entités pour donner plus de flexibilité au processus de décision. Vilipendé par une partie des actionnaires dès son annonce, le projet a connu quelques révisions qui n’ont pas empêché son rejet. Ses porteurs, le directeur général, Satoshi Tsunakawa, et le vice-président, Mamoru Hatazawa, avaient démissionné peu avant le vote des actionnaires.

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via LeMonde

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