Le gouvernement britannique présente ses excuses à la reine pour les fêtes qui ont eu lieu la veille des obsèques du prince Philip

Boris Johnson, le premier ministre britannique, à Londres, le 16 décembre 2021.

Boris Johnson n’en finit plus de s’enliser dans la crise. Les services du premier ministre britannique ont présenté leurs excuses à la reine Elizabeth II vendredi 14 janvier à la suite des révélations sur les fêtes organisées à Downing Street en plein confinement et à la veille des funérailles de son époux, Philip.

« Il est profondément regrettable que cela ait eu lieu à une période de deuil national et le 10 [Downing Street, adresse de la résidene officielle du premier ministre britannique] a présenté des excuses au palais », a déclaré un porte-parole du dirigeant conservateur.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Royaume-Uni : les obstacles s’accumulent sur la route de Boris Johnson

Vendredi, The Telegraph a révélé que le 16 avril 2021 au soir, la veille des funérailles du prince Philip, deux fêtes – auxquelles le premier ministre n’a pas assisté – avaient été organisées pour marquer le départ de deux membres du personnel du bureau du premier ministre : le directeur de la communication James Slack, depuis rédacteur en chef adjoint du tabloïd The Sun, et un photographe personnel de Boris Johnson.

Les fêtards, une trentaine, s’étaient rejoints dans les jardins de la résidence officielle, d’après le quotidien proche du pouvoir. Une personne avait été envoyée dans un supermarché acheter des bouteilles de vin qu’elle a rapportées à Downing Street dans une valise, précise-t-il.

A l’époque, les rencontres en intérieur étaient interdites, les Britanniques ne pouvant se retrouver qu’à six au maximum à l’extérieur.

Des excuses « sans réserve »

Dans un communiqué, James Slack a aussi présenté des excuses « sans réserve pour la colère et la peine occasionnées ».

Ces nouvelles révélations viennent allonger une liste déjà longue de fêtes organisées dans les cercles du pouvoir durant les périodes de confinement. Elles mettent aussi en exergue, d’après des témoins cités dans les médias, une véritable culture de la boisson à Downing Street.

Mercredi, devant le Parlement, le premier ministre britannique a présenté ses « excuses » et reconnu avoir fait une apparition à un rassemblement dans les jardins de Downing Street en plein confinement.

Boris Johnson a cependant soutenu, lors de la séance hebdomadaire de questions au gouvernement, qu’il avait alors cru « implicitement » qu’il s’agissait d’une réunion de travail. Devant les députés, il a expliqué qu’il pensait que l’événement respectait les règles sanitaires alors en vigueur, assumant la « responsabilité » des « erreurs » qui ont été commises.

Désormais très affaibli dans les sondages, qu’il a longtemps survolés après son arrivée triomphale au pouvoir en juillet 2019, il bataille aujourd’hui pour son maintien à la tête du gouvernement.

Appels à la démission de Johnson

« La reine était assise seule, en deuil, comme tant d’autres à l’époque, affectés par le traumatisme personnel et le sacrifice, afin de respecter les règles dans l’intérêt national », a dénoncé sur Twitter Angela Rayner, la chef adjointe du Labour, principale formation d’opposition.

Très critiques, plusieurs députés conservateurs, dont certains étaient jusqu’ici de fervents soutiens, se sont joints à l’opposition pour réclamer la démission de M. Johnson.

Dénonçant « un vide moral au cœur du gouvernement », Andrew Bridgen est le dernier en date à avoir adressé une lettre de défiance à un puissant comité régissant l’organisation parlementaire du Parti conservateur. S’il en reçoit suffisamment, ce dernier devra organiser une nouvelle course au leadership pour remplacer le premier ministre.

Pour comprendre le contexte : Article réservé à nos abonnés L’avenir de Boris Johnson compromis après de nouvelles révélations sur les fêtes pendant le confinement

La chef de la diplomatie, Liz Truss, perçue comme une potentielle candidate au poste de premier ministre, a dit vendredi le soutenir « à 100 % ». Autre challenger éventuel, son collègue des finances, Rishi Sunak, s’est montré beaucoup plus réservé.

Mais avant de tirer d’éventuelles conséquences, Boris Johnson et ses ministres répètent à l’envi qu’il convient d’attendre, la semaine prochaine au mieux, les conclusions d’une enquête interne menée par une haut fonctionnaire. Critiquée pour son attentisme, la police de Londres a adopté la même ligne.

Le Times affirme vendredi que cette enquête n’aurait pas permis de trouver suffisamment de preuves d’infractions pénales.

Ces fêtes provoquent aussi la colère des proches de victimes du Covid-19, qui a fait plus de 150 000 morts au Royaume-Uni. L’association Bereaved Families for Justice (« Familles endeuillées pour la justice ») y voit un « dédain total pour le public ».

Le Monde avec AFP

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess