Le gouvernement britannique voit son premier vol de demandeurs d’asile vers le Rwanda annulé faute de passagers


Des manifestants protestent contre le renvoi au Rwanda par avion charter de demandeurs d’asile, à Londres, le 13 juin 2022.

Après des heures de tension et d’intense activité judiciaire, le premier vol de demandeurs d’asile en partance du Royaume-Uni et à destination du Rwanda a finalement été annulé au tout dernier moment, mardi 14 juin dans la soirée, au grand soulagement de la poignée de migrants – trois Iraniens, un Vietnamien, deux Irakiens et un Albanais –, qui étaient sur le point d’y être embarqués contre leur volonté. Ils ont fini par obtenir des sursis, notamment grâce à des recours urgents auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Le Boeing 767 qui avait été affrété spécialement pour eux, et s’apprêtait à décoller de la base militaire de Boscombe Down (dans le sud-ouest de l’Angleterre), est resté cloué au sol.

Ce vol devait initialement compter environ 130 passagers, mais la grande majorité d’entre eux avaient fait appel avec succès ces derniers jours auprès des tribunaux britanniques, de la décision de les déporter, en invoquant des cas personnels – victimes de tortures, mineurs, etc. Son annulation met à mal la nouvelle politique migratoire du gouvernement de Boris Johnson visant à envoyer au Rwanda des « milliers » de demandeurs d’asile arrivés « illégalement » au Royaume-Uni (en traversant la Manche, sur des bateaux pneumatiques), pour les décourager d’entreprendre ce dangereux périple.

« Les préparations pour le prochain vol démarrent maintenant »

Même si l’avion ne devait décoller qu’avec une poignée de demandeurs d’asile, « cela vaut le coup », estimait Liz Truss, qui faisait le tour des télévisions britanniques mardi matin. « C’est une question de dissuasion », insistait la ministre des affaires étrangères, selon qui ces vols ont aussi pour but de décourager les traversées de la Manche. A en croire les médias britanniques, le vol de mardi devait coûter 500 000 livres sterling (576 000 euros) au gouvernement britannique.

Outre la moralité de l’accord entre Londres et Kigali – dénoncé, fait exceptionnel, par toute la hiérarchie de l’Eglise Anglicane – c’est sa légalité qui était également en question, mardi soir. La CEDH a pris à la toute dernière minute une « mesure intérimaire » et « urgente » contre l’envoi au Rwanda de demandeurs d’asile, en invoquant les inquiétudes du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés sur les conditions d’accueil au Rwanda, ou le fait qu’il n’existe pas dans le partenariat entre Kigali et Londres de mécanisme permettant aux personnes déportées de revenir au Royaume-Uni. « Renvoyer des personnes fuyant la violence dans un pays situé à des milliers de kilomètres [du Royaume-Uni] était déjà cruel et impitoyable. C’est maintenant potentiellement illégal », soulignait sur Twitter Sadiq Khan, le maire travailliste de Londres.

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via LeMonde

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