Le gouvernement équatorien n’arrive pas à enrayer les massacres à répétition dans les prisons


Photo publiée par le ministère de l’intérieur équatorien après l’assassinat de 44 détenus, dans le centre pénitentiaire de Bellavisata (province de Santo Domingo), en Equateur, le 9 mai.

En Equateur, la tragédie pénitentiaire continue : 44 détenus ont été assassinés lundi 9 mai, dans le centre pénitentiaire de Bellavisata (province de Santo Domingo) à 70 kilomètres à l’ouest de Quito. Ce nouveau massacre, le sixième depuis février 2021, porte à plus de 350 le nombre de prisonniers assassinés en quatorze mois.

Les violences ont démarré vers 3 heures du matin, ont indiqué les autorités. Profitant du chaos, 220 prisonniers se sont échappés. En fin de journée, la police affirmait en avoir recapturé 115. Selon les chiffres fournis par le ministre de l’intérieur, Patricio Carrillo, dix personnes étaient par ailleurs hospitalisées « dans un état grave » . Le bilan pourrait encore d’alourdir.

En poste depuis une semaine, le tout nouveau directeur de la police, le général Fausto Salinas, a indiqué en fin de matinée que « 250 policiers, 200 militaires et des renforts supplémentaires étaient en route ». Dans la soirée, le général confirmait que la force publique avait repris le contrôle du pavillon de haute sécurité du centre pénitentiaire.

Bandes liées au narcotrafic

En visite officielle en Israël, le président Guillermo Lasso (droite) a écrit sur son compte Twitter : « C’est le résultat regrettable de la violence des gangs. » Le chef de l’Etat a adressé ses condoléances aux familles des victimes.

Le gouvernement semble incapable d’enrayer ces massacres à répétition. En septembre 2021, 119 détenus avaient trouvé la mort en quelques heures dans une prison de Guayaquil. Le 28 avril, c’était la prison de El Turi (région d’Azuay), dans le sud du pays, qui était le théâtre de violences. Vingt prisonniers avaient alors été tués.

Les autorités ont attribué le drame de Bellavista à un affrontement entre bandes criminelles liées au narcotrafic. C’est l’explication donnée pour chacun des massacres. Selon le général Salinas, le transfert à Bellavista d’un des leaders de la prison de Turi – connu sous son alias d’Anchundia – aurait déclenché les affrontements entre la bande dite des Loups et celle connue sous le nom de R7. Construite pour accueillir un peu moins de 1 000 de prisonniers, la prison de Bellavista en héberge plus de 1 600.

Surpeuplement carcéral

Les autorités ont, une fois encore, souligné « la grande cruauté dont on fait preuve les assaillants ». Les images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent un amas de corps ensanglantés gisants sur le sol carrelé du centre pénitentiaire. « La majorité des victimes, presque 100 % d’entre elles, ont été tuées avec un couteau, et non avec des armes à feu », a précisé M. Carillo.

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via LeMonde

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