Le gouvernement va créer un service chargé de lutter contre les ingérences étrangères dans les médias

Stéphane Bouillon, alors préfet de Lyon, en 2018.

C’était un projet en gestation depuis longtemps, et qui n’était jusqu’à présent qu’une simple task force baptisée « Honfleur ». Au détour d’une audition par la commission de la défense de l’Assemblée nationale, le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) Stéphane Bouillon a confirmé, mercredi 2 juin, qu’il avait l’intention de mettre sur pied, dès la rentrée de septembre, un véritable service à compétence nationale chargé de traquer les ingérences étrangères dans le domaine de l’information.

Ce futur service qui lui sera directement rattaché, devrait, à terme, compter une soixantaine de personnes. « Il ne s’agira pas pour nous de dire quelles informations sont exactes ou inexactes », a tenu à préciser M. Bouillon, conscient de la sensibilité du sujet, alors qu’approche la campagne pour l’élection présidentielle de 2022. « Il ne s’agit pas de faire du renseignement », a-t-il aussi ajouté, « mais d’identifier ce qui est en train de devenir pandémique sur le plan informationnel », et si cela émane d’« un pays étranger ou d’une organisation étrangère, qui visent ainsi à déstabiliser l’Etat sur le plan politique », a-t-il précisé.

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Le travail de ce futur service devrait surtout être effectué en sources ouvertes, à partir de données techniques. D’où son rattachement au SGDSN, dont dépend administrativement l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Ansii) qui traite, elle, des menaces cyber. Son but : permettre « aux hommes politiques, aux diplomates, à la justice et la presse de constater que sur 400 000 tweets de reprise de telle ou telle information, 200 000 viennent d’une ferme à bots [des comptes automatisés] dans une région hors de notre pays, ou que tel débat provient d’une ferme à trolls », a donné pour exemple M. Bouillon.

Travail « transparent »

L’attribution formelle à une puissance étrangère, sujet techniquement délicat et hautement politique, ainsi que la réponse à apporter à une éventuelle ingérence, relèvera toutefois de l’Elysée, après en examen en conseil de défense. En matière cyber, jusqu’à présent, la France n’a jamais formellement désigné un Etat étranger. Une retenue appliquée y compris dans le cas de l’intrusion et du vol de données ayant concerné les équipes d’Emmanuel Macron, lors de la campagne présidentielle de 2017, où d’aucuns avaient vu une manœuvre russe. La France s’apprête-t-elle, en ce sens, à suivre l’exemple américain d’attributions tous azimuts ?

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via LeMonde

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