Le gouverneur de New York Andrew Cuomo, accusé de harcèlement sexuel, se dit « désolé » de propos « mal interprétés »

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, à Wall Street, le 26 mai 2020.

Sous pression alors qu’il est accusé de harcèlement sexuel, le puissant gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a fait, dimanche 28 février, deux concessions. L’homme politique démocrate a accepté qu’une enquête indépendante soit menée sur ces allégations, et il a présenté ses excuses.

« Au travail, je pense que je joue, que je fais des blagues que je crois drôles. Parfois je taquine les gens de façon que je pense bon enfant, en public comme en privé », a indiqué le gouverneur de 63 ans, dans un communiqué, dimanche 28 février.

« Je comprends maintenant que mes interactions ont pu être insensibles ou trop personnelles et que certains commentaires, vu ma position, ont pu avoir chez certains des effets non intentionnés. Je me rends compte que certaines choses que j’ai dites ont été mal interprétées, comme du flirt non sollicité. Si certains ont eu cette impression, j’en suis vraiment désolé. »

« Pour être clair, je n’ai jamais touché personne de façon inappropriée, ni fait d’avances à qui que ce soit, et je n’ai jamais voulu mettre quelqu’un mal à l’aise », a-t-il ajouté.

Une culture de harcèlement et d’intimidation

Ce sont les premières excuses présentées par le gouverneur démocrate – au pouvoir depuis dix ans et l’un des gouverneurs les plus puissants des Etats-Unis – depuis les accusations de harcèlement détaillées mercredi par une de ses ex-conseillères, dans un blog.

La conseillère, Lindsey Boylan, 36 ans, a affirmé que le gouverneur l’avait embrassée sur la bouche de façon non sollicitée, suggéré qu’elle joue avec lui au « strip-poker » et « multiplié les efforts pour [lui] toucher le dos, les bras, les jambes », alors qu’elle travaillait pour son administration de 2015 à 2018. « Le gouverneur a créé une culture au sein de son administration où le harcèlement et l’intimidation sont si répandus que c’est non seulement toléré, mais attendu », a-t-elle écrit.

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Samedi, une autre ex-collaboratrice, Charlotte Bennett, 25 ans, a indiqué au New York Times qu’il lui avait fait des avances qui l’avaient mise « mal à l’aise » au printemps 2020. Le gouverneur était alors, via des points presse quotidiens suivis dans tout le pays, une vedette de la lutte contre la pandémie de covid.

Ses excuses interviennent alors que certains parlementaires new-yorkais, y compris au sein de sa majorité démocrate, ont appelé à la démission de M. Cuomo, dont le troisième mandat doit s’achever fin 2022. Une sénatrice démocrate, Alessandra Biaggi, l’a même qualifié de « monstre », dans un tweet samedi.

L’étoile montante démocrate du Congrès, la New-Yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez a jugé les accusations visant le gouverneur « extrêmement graves et difficiles à lire ». Même la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a plaidé pour « un examen indépendant des allégations ». Elle a rappelé que le président Joe Biden – réputé ami de M. Cuomo – « pense que chaque femme devrait être écoutée, devrait être traitée avec respect et dignité ».

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Enquête contestée

Le gouverneur avait indiqué, samedi soir a, voir demandé à une ex-juge fédérale de mener « un examen complet » sur ces allégations, tout en les réfutant. Mais sa proposition a été critiquée. Des élus locaux et plusieurs personnalités, dont Mme Ocasio-Cortez ou la sénatrice de Hawaii Mazie Hirono, ont estimé que l’enquête ne devait pas être menée par une ex-juge considérée insuffisamment indépendante pour avoir longtemps travaillé avec un proche de M. Cuomo,, mais par la procureure démocrate de l’Etat, Letitia James.

La procureure – dont beaucoup pensent qu’elle briguera le poste de gouverneur à la prochaine échéance – est aussi intervenue, pour demander à M. Cuomo de lui confier le dossier « immédiatement ». Même la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a plaidé pour « un examen indépendant des allégations ».

Dimanche soir, la conseillère juridique du gouverneur a indiqué que M. Cuomo avait finalement demandé à Mme James de désigner elle-même « un avocat privé » pour mener les investigations, avec qui le gouverneur coopérerait « volontairement » et « pleinement ». « Nous allons recruter un cabinet d’avocats » et « superviser une enquête rigoureuse et indépendante », a réagi Mme James.

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Cet épisode a considérablement fragilisé le gouverneur, déjà sur la sellette pour avoir minimisé, délibérément selon certains, le nombre de morts du coronavirus dans les maisons de retraite de cet Etat de 20 millions d’habitants. Dans la foulée, des accusations de brutalité et d’intimidations du gouverneur à l’égard d’autres élus ou collaborateurs avaient fait surface.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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