Le Jardim Botânico, un havre de science à Rio

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Publié aujourd’hui à 07h00

Et soudain, le silence. Rien que le vent qui fait frémir les feuilles à la cime des arbres. Par-ci, par-là, on perçoit le croassement d’un perroquet, le hurlement d’un singe ou le tintement d’une discrète fontaine, tout au bout d’une allée. Il est 16 heures. C’est l’hiver austral. Le soleil déjà se couche sur les montagnes recouvertes de forêts tropicales. Et Rio paraît si loin.

Nous voilà pourtant bel et bien au cœur de la « Ville merveilleuse », bruyante métropole de 7 millions d’âmes (le double en comptant les banlieues), plus connue pour ses plages, ses favelas et la frénésie de ses fêtes que pour son calme et sa sérénité. Mais le Jardim Botânico est un lieu à part, unique et mystérieux. Un véritable refuge.

Pour le trouver, il faut s’éloigner de Copacabana ou d’Ipanema et prendre la direction de la Lagoa, quartier chic et résidentiel, pris en sandwich entre la belle lagune Rodrigo de Freitas et la chaîne de montagnes du Corcovado. Le Jardin botanique est visible à des kilomètres : reconnaissables à ses palmiers impériaux, véritables vigies végétales, dressés dans le ciel à plus de trente mètres de haut.

Une nature qui en impose

Est-ce l’effet de la magnificence des lieux ? Dès l’entrée, le Carioca, d’ordinaire tonitruant, baisse d’un ton et – incroyable ! – se prend même parfois à chuchoter. Car le Jardin botanique de Rio, considéré comme l’un des plus beaux au monde, en impose à ses nombreux visiteurs (500 000 par an). Les lieux abritent sur 55 hectares plus de 22 000 plantes et arbres du monde entier, appartenant à quelque 3 400 espèces, dont beaucoup sont menacées d’extinction.

Il y a les allées de palmiers, emblématiques. Mais aussi les classiques brésiliens : jacquiers, manguiers, cèdres roses, pins du Parana, guarajuba, jequitibá, arbres du voyageur par grappes et bambous en bouquets… Une place de choix est donnée à la végétation amazonienne : noyers, hévéas à latex, palmiers à açaí, pau mulato au tronc luisant et, surtout, les spectaculaires sumaúma, arbres géants sacrés hauts de plusieurs dizaines de mètres.

Page de gauche, la butte de l’Empereur, point culminant du jardin botanique de Rio. Au fond, le Christ rédempteur.

Jardin japonais, essences asiatiques… le Jardin botanique est un petit bréviaire du monde végétal, mais aussi animal. On y croise aisément toute une flopée d’oiseaux : toucans, perroquets, hérons striés, martins-pêcheurs, colibris… Les singes à poil gris sont légion et les paresseux souvent de passage. Autant d’animaux pour qui le Covid-19 fut une bénédiction : en 2020-2021, le Jardin botanique est resté fermé durant des semaines, laissant libre cours à la vie naturelle.

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via LeMonde

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