Le Maroc et Israël signent un accord sécuritaire historique

Le ministre israélien de la défense, Benny Gantz, signant un mémorandum sur la défense avec Abdellatif Loudiyi, ministre délégué du Maroc chargé de l’administration de la défense nationale, à Rabat, au Maroc, le 24 novembre 2021.

Rabat avait sorti le tapis rouge pour l’arrivée du ministre de la défense israélien, Benny Gantz, mardi 23 novembre. Sa visite de deux jours, qui fait suite à celle du ministre des affaires étrangères, Yaïr Lapid, en août, et le déplacement de plusieurs autres délégations économiques, est la première d’un ministre de la défense israélien au Maroc. « Première visite formelle », avait précisé M. Gantz, avant de quitter l’aéroport Ben-Gourion mardi soir, une façon de rappeler que la coopération sécuritaire entre les deux pays est ancienne.

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Mercredi, les deux Etats ont signé un accord d’entente militaire historique, le premier de son genre entre Israël et un pays du monde arabe. Celui-ci est censé fournir « un cadre solide pour formaliser les relations sécuritaires et soutenir des collaborations futures », selon un communiqué du ministère de la défense israélien. Au menu, une coopération plus étroite dans le renseignement et l’approvisionnement. On parle aussi déjà d’exercices militaires bilatéraux, un coup diplomatique pour l’Etat hébreu.

Eldorado des marchands d’armes

Rabat est depuis plusieurs années un client enthousiaste des drones armés et des logiciels de cyberespionnage israéliens. Pourtant, avant l’accord de normalisation signé fin 2020 sous l’égide des Etats-Unis, en échange de la reconnaissance par Washington de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, le royaume ne pouvait s’approvisionner que dans la semi-clandestinité.

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Depuis, le Maroc, qui s’embourbe dans une confrontation avec le Front Polisario et l’Algérie – par ailleurs chef de file de la contestation des efforts diplomatiques israéliens en Afrique –, est devenu un eldorado pour les marchands d’armes de l’Etat hébreu. Plusieurs commandes de drones ont été passées. Un accord aurait aussi été conclu pour construire une usine de drones offensifs sur le territoire marocain en collaboration avec BlueBird Aero Systems, une compagnie privée dont l’actionnaire principal est la société publique Israel Aerospace Industries (IAI).

Avant la signature de l’accord avec son homologue, Abdellatif Loudiyi, mercredi, M. Gantz s’est recueilli publiquement sur les tombes de Mohammed V et de Hassan II, un rappel que les relations entre les deux pays sont aussi vieilles que l’Etat hébreu lui-même. Elles sont culturelles d’abord – près d’un million d’Israéliens ont des racines au Maroc – mais aussi stratégiques, menées en grande partie par le renseignement.

Nouvelle ère

En Israël, ce rapprochement est interprété comme l’aube d’une nouvelle ère géopolitique, le début du couronnement de soixante-dix ans d’efforts diplomatiques pour se faire accepter dans le monde arabe. Aujourd’hui, la première priorité, c’est l’Iran, répètent les experts israéliens, persuadés que les régimes arabes se sont détournés de la cause palestinienne.

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via LeMonde

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