« Le monde qui a fait le succès de Merkel a changé : l’Allemagne doit dépasser le merkélisme »

Des biscuits à l’effigie d’Angela Merkel ont été fabriqués par un confiseur allemand, à la veille des élections, à Weilbach (Allemagne), le 14 septembre 2021.

Lundi 13 septembre, le conseiller de Joe Biden pour la sécurité nationale, Jake Sullivan, a téléphoné à la première ministre lituanienne Ingrida Simonyte pour l’assurer du « fort soutien » des Etats-Unis face à la Chine. La petite république balte subit en effet les foudres du géant chinois pour avoir accepté un « Bureau de représentation de Taiwan » à Vilnius, et pour avoir osé quitter le groupe 17+1 monté par Pékin afin de nouer des relations privilégiées avec 17 Etats d’Europe centrale et orientale.

L’Américain a promis un « approfondissement de la coopération économique, diplomatique et de défense » avec Vilnius, selon Washington. La Lituanie aurait apprécié un soutien similaire de la part de l’Union européenne, dont elle est membre. Certes, le président Emmanuel Macron a fait le geste d’envoyer un SMS à son collègue lituanien, mais contrairement à la Maison Blanche, il ne l’a pas fait savoir. Des parlementaires, dont le Français Jean-Louis Bourlanges, ont signé une déclaration commune de soutien, mais sans coordination au niveau de l’UE. Et de Bruxelles, rien. Sinon une occasion ratée de promouvoir la solidarité et la souveraineté européennes.

Peut-être est-ce à Berlin qu’il faut chercher la raison de cette tiédeur. Car sur les relations avec la Chine, l’influence allemande est déterminante – et plus encore l’influence de la chancelière. Angela Merkel n’hésite jamais à dénoncer les violations des droits de l’homme, un sujet qui lui tient à cœur. Elle est infiniment plus prudente sur ce qui risque de mettre en danger les intérêts économiques majeurs de son pays, en particulier en Chine, où elle aura fait pas moins de douze visites officielles, accompagnée d’hommes d’affaires, pendant ses quatre mandats. Au moment où elle s’apprête à quitter la scène et fait sa tournée d’adieu, à l’approche des élections du 26 septembre, cet épisode illustre subtilement les limites du « merkélisme ».

Un « en même temps » plus discret

Art du compromis et de la recherche d’équilibre entre intérêts divergents, le merkélisme a fermement ancré l’Allemagne réunifiée dans l’Europe élargie ; il a aussi permis de sauvegarder l’unité de l’Europe quand elle aurait pu se fissurer. Le merkélisme, c’est réussir à obtenir l’unanimité des Vingt-Sept sur les sanctions contre la Russie tous les six mois depuis 2014, tout en imposant le gazoduc Nord Stream 2, énorme concession à Vladimir Poutine, malgré l’opposition des Américains, des Ukrainiens et de plusieurs partenaires européens. Une sorte de « en même temps » plus discret, à l’allemande.

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via LeMonde

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