Le nombre d’arrivées de migrants aux Canaries a doublé depuis le début de l’année

Un migrant originaire du Sénégal sur la plage d’Alcaravaneras, à Gran Canaria, où il vit avec d’autres migrants du Sénégal et du Maroc, le 23 juillet 2021.

L’Organisation internationale des migrations (OIM) s’est dite « extrêmement préoccupée », dans un communiqué daté du vendredi 24 septembre, par la forte augmentation du nombre de morts sur la route des Canaries. Depuis le début de l’année, l’organisme dépendant des Nations unies a comptabilisé 785 décès, parmi eux 177 femmes et 50 enfants, deux fois plus qu’en 2020. Durant le seul mois d’août, près de 380 migrants ont trouvé la mort en cherchant à regagner l’archipel espagnol. Un chiffre qui pourrait être encore plus élevé, étant donné les nombreux « naufrages invisibles ». Selon l’ONG Caminando fronteras, en contact avec les communautés de migrants, 1 922 personnes seraient mortes durant la traversée durant le premier semestre 2021.

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Le 20 août, une embarcation pneumatique s’est ainsi renversée à 250 km des côtes canariennes avec 52 passagers. Une seule personne a survécu, elle est encore hospitalisée. Une pirogue partie le 15 août, qui s’était perdue à 500 km de l’Île d’El Hierro, a été localisée après 14 jours à la dérive, avec 26 survivants à bord : 29 personnes dont sept enfants étaient eux déjà morts. A Fuerteventura, ce sont une trentaine de migrants qui sont décédés fin août dans une embarcation partie du Maroc. Et ainsi de suite. La liste des tragédies s’allonge encore et encore au fil des mois.

Leur nombre pourrait dépasser les 40 000 sur l’année

Entre le 1er janvier et le 14 septembre, plus de 11 000 migrants ont accosté aux Canaries, selon les chiffres du ministère espagnol de l’intérieur, – près de deux fois plus que lors des neufs premiers mois de l’année 2020 (+117 %). Si cette tendance devait se maintenir durant les trois prochains mois, sachant que les traversées se concentrent essentiellement en automne, – période privilégiée par les migrants pour emprunter la dangereuse route canarienne, les eaux de l’océan Atlantique étant réputées plus calme –, leur nombre pourrait dépasser les 40 000 sur l’année. Bien plus que lors de la précédente « crise des pirogues » de l’année 2006, lorsque 31 000 migrants étaient entrés dans l’archipel.

Cependant, contrairement à 2020, lorsqu’un flux de migrants inattendu avait débordé les Canaries, avec huit fois plus de migrants qu’en 2019, les îles se disent « prêtes » à faire face à l’augmentation de la pression migratoire. Le « Plan Canaries », mis en place avec le gouvernement espagnol en 2020, a permis de doter les îles de près de 7 000 places de logements d’urgence, dont moins d’un millier se trouve actuellement occupé. « Nous sommes beaucoup mieux préparés parce que nous avons fait un effort énorme », a résumé le ministre des migrations et de l’inclusion sociale, José Luis Escriva, début septembre. Surtout, la reprise des transferts de migrants vers la péninsule, paralysés en 2020, a permis de libérer les infrastructures et d’éviter les scènes de migrants dormant dans la rue, qui avaient provoqué l’indignation aux Canaries.

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via LeMonde

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