« Le non-respect par l’Union européenne de ses objectifs budgétaires climatiques est une faute impardonnable »

A la fin du mois de mai, la Cour des comptes européenne a rendu son rapport sur l’évaluation du budget pluriannuel 2014-2020 des dépenses climatiques de l’Union européenne. Il s’agissait d’analyser les dépenses effectuées et de vérifier si elles avaient bien respecté les objectifs et le mandat fixés par le Parlement et le Conseil européens. Comme c’était à craindre, il y a un fossé entre les déclarations d’intention et la réalité : les 20 % de dépenses promises pour le climat ne sont pas atteintes… et de loin. Seulement 13 % des dépenses peuvent être attribuées à des actions en ce domaine.

Pourtant, dès 2011, la Commission européenne avait annoncé sa volonté de mettre en place cet objectif. Dans la foulée, le Parlement européen et le Conseil – qui représente les Etats membres – ont fait de même : 20 % au minimum de dépenses pour le climat devaient donc être tenues dans le budget 2014-2020.

Or, au moins 72 milliards d’euros manquent à l’appel. Comme souvent, face aux inerties, il faut non seulement se battre pour faire évoluer les objectifs, mais il faut ensuite se battre plus encore pour qu’ils soient atteints. La technostructure européenne est indifférente au changement climatique, mais elle n’aime pas le changement de ses habitudes…

Les écologistes alertent depuis des années sur les défaillances des calculs de la Commission, chargée d’exécuter le budget de l’Union. Et pour cause, nous savons que la politique agricole commune (PAC) – premier poste de dépense de l’Union –, qui devrait être l’instrument au cœur de la transition écologique, ne répond aucunement à ces enjeux. Comment prétendre réviser le budget de l’Union pour le rendre plus écologique lorsque la principale ligne de dépense demeure immuable ? Le rapport de la Cour des comptes le confirme : 80 % de ce budget non dépensé aurait dû l’être pour rendre plus vert le secteur agricole.

Sacrifier l’avenir de la planète

Le non-respect par l’Union européenne de ses objectifs budgétaires climatiques est un triple manquement. C’est d’abord un crime démocratique. Ne pas exécuter sincèrement un budget dont les objectifs étaient clairs et démocratiquement décidés est une faute impardonnable qui devrait révolter les citoyennes et les citoyens européens, à défaut d’émouvoir les institutions concernées. C’est ensuite, bien entendu, un crime contre le climat. Alors que tous les indicateurs sont au rouge et virent à l’écarlate, persister sur la voie du chaos, c’est à la fois mépriser le présent et sacrifier l’avenir de la planète.

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via LeMonde

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