Le pape François contraint d’annuler son voyage en RDC et au Soudan du Sud pour raison de santé


Une bannière annonçant l’accueil du pape François à Goma, en République démocratique du Congo, vendredi 10 juin 2022.

Le Vatican a annoncé, vendredi 10 juin en milieu de journée, le report « à une date ultérieure qui reste à définir » du voyage que le pape François devait faire en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan du Sud, du 2 au 7 juillet. Le pontife a accédé à « la demande de ses médecins, afin de ne pas compromettre les résultats des thérapies du genou encore en cours », précise le bref communiqué publié par le directeur de la salle de presse, Matteo Bruni. Cette décision inusitée nourrit les interrogations concernant l’état de santé de Jorge Mario Bergoglio, aujourd’hui âgé de 85 ans.

Le Saint-Siège avait déjà reporté la visite initialement prévue mi-juin au Liban. Mais ce premier aménagement de l’emploi du temps du pontife avait été fait plus en amont, avant que le Vatican ait annoncé officiellement le programme du déplacement. Cette fois, c’est différent : le détail de son séjour à Kinshasa, Goma et Juba avait été rendu public et la procédure d’accréditation des journalistes était achevée.

L’Afrique, « victime » de « l’exploitation par d’autres puissances »

Le pape tenait à ce voyage sur un continent qu’il n’a découvert qu’après son élection, en 2013, dans une Afrique qu’il considère comme « une martyre », « une victime » de « l’exploitation par d’autres puissances ». En RDC comme au Soudan du Sud, il voulait soutenir des processus de « réconciliation » politique, après des années de guerres civiles. Le communiqué laisse entendre que ses médecins ne lui ont guère laissé le choix. Il ne dit rien, en revanche, du voyage au Canada prévu du 24 au 30 juillet, au cours duquel le pape devrait renouveler ses excuses pour les violences perpétrées pendant des décennies dans des pensionnats catholiques pour autochtones.

Cet empêchement de marcher s’ajoute aux suites d’une importante opération du colon subie il y a un an, officiellement en raison d’une diverticulite. Même avant cela, le pape avait reconnu que les voyages le fatiguaient davantage qu’auparavant. Après deux ans sans voyages, en raison de la pandémie de Covid-19, il avait spontanément déclaré, en revenant d’Irak, en mars 2021 : « J’avoue que pendant ce voyage, j’ai été beaucoup plus fatigué que pendant les autres. 84 [ans] n’arrivent pas tout seuls ! »

Interrogations sur la suite du pontificat

La décision abrupte de reporter sine die la visite en RDC et au Soudan du Sud ne pourra que renforcer les interrogations sur la suite du pontificat. Le pape François a toujours dit qu’il n’excluait pas de renoncer à sa fonction s’il venait à ne plus pouvoir la remplir de manière satisfaisante. Il s’appuie en cela sur l’exemple de son prédécesseur, Benoît XVI, qui a, selon lui, introduit une possibilité pérenne en renonçant à son pontificat, le 11 février 2013.

Face à ses opposants et à tous ceux qui attendent désormais le prochain pontificat, la marge de manœuvre du pape argentin risque d’être affectée par cet aveu forcé d’affaiblissement. Alors même qu’un processus de réflexion sur la synodalité (le mode de gouvernance dans l’Eglise catholique), au cœur des réformes de François, entre dans sa phase finale, avec la tenue d’un synode des évêques prévu à Rome à l’automne 2023.

via LeMonde

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