Le Parlement français ratifie l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN


La ministre française des affaires étrangères et européennes, Catherine Colonna, à l’Assemblée nationale, le 2 août 2022 à Paris, lors de l’examen du projet de loi autorisant l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN.

Le Parlement français a ratifié, mardi 2 août, les protocoles d’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN, par un vote de l’Assemblée nationale. Comme l’avaient fait la semaine dernière les sénateurs, les députés ont adopté le texte par 209 voix contre 46 avec le soutien des Républicains (LR), du Parti socialiste (PS) et des écologistes (EELV). Le Rassemblement national (RN) s’est, de son côté, abstenu, alors que La France insoumise (LFI) a voté contre.

La France rejoint « vingt alliés » qui « ont déjà ratifié les protocoles », s’est félicitée la ministre française des affaires étrangères Catherine Colonna. Suède et Finlande ont toutefois besoin d’une ratification des trente Etats membres de l’organisation pour bénéficier de la protection de l’article 5 de la Charte de l’OTAN en cas d’attaque. Et la Turquie menace de « geler » le processus, en accusant les deux pays scandinaves de bienveillance envers le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et ses alliés qu’Ankara considère comme des organisations terroristes.

Mme Colonna a souligné la « décision historique et majeure » de la Suède et de la Finlande dont « la neutralité constituait jusqu’ici un principe cardinal ». Ce « tournant » provient du « bouleversement de nos repères géopolitiques » avec l’invasion russe en Ukraine, le recours d’une « puissance » à « la force brute » avec une « violence inouïe », des « exactions, viols, assassinats et déportations », a fustigé la cheffe de la diplomatie française. Avec l’OTAN il « s’agit de défense collective » et « en aucun cas d’être offensif », a-t-elle rappelé.

Un « processus dangereux » selon La France insoumise

Le ministre français des armées, Sébastien Lecornu, a déclaré sur Twitter que l’« adhésion de ces deux partenaires européens contribuera à renforcer la posture dissuasive de l’Alliance atlantique, ainsi que la sécurité européenne. »

« Pour l’OTAN, c’est l’heure du réveil » après « la mort cérébrale » décrite par Emmanuel Macron, a estimé le président centriste de la Commission des affaires étrangères Jean-Louis Bourlanges (MoDem).

« L’insoumis » Aurélien Saintoul a dénoncé un « processus dangereux » avec la « superposition de l’OTAN » et de l’Union Européenne. A l’extrême droite, Laurent Jacobelli (RN) a critiqué « un signal de défi à la Russie », avec ce processus d’adhésion, en présentant l’OTAN comme une « vitrine commerciale du complexe militaro-industriel » des Etats-Unis.

La droite LR a soutenu cette adhésion « légitime » de « partenaires » qui « contribuent régulièrement aux opérations de l’OTA ». Mais « le fait que l’Europe de la défense ne soit pas une garantie de protection suffisante doit nous interpeller », a souligné Michèle Tabarot (LR).

Le socialiste Alain David a jugé que le contexte géopolitique rendait cette adhésion à l’OTAN « nécessaire ». Il a critiqué « l’odieux chantage de la Turquie » sur le sujet, à propos des Kurdes.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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