Le Pérou confronté à la montée des groupes d’extrême droite

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Publié aujourd’hui à 10h34

Jota Maelo laisse échapper un petit rire gêné, tout en passant un doigt sur le tatouage niché dans un coin de sa main gauche. Une erreur de jeunesse, jure-t-il, assurant qu’il ignorait son sens lorsque des amis lui ont dessiné cette inscription. Une croix gammée. Il avait 15 ans.

Aujourd’hui, Jota Maelo, de son vrai nom Juan José Muñico Gonzales, en a 46, et est le visage le plus médiatique des groupuscules d’extrême droite. Ces derniers ont pris une visibilité nouvelle à la faveur de la crise électorale qui a tenu le pays en haleine après le second tour de la présidentielle, le 6 juin. Jota Maelo était alors en première ligne des manifestations contre des « fraudes » supposées. L’accusation, lancée sans preuve par la candidate défaite Keiko Fujimori (droite populaire), a plongé le pays dans la confusion pendant quarante-quatre jours. Les élections ont toutefois été jugées conformes et, n’en déplaise au frondeur, le candidat de gauche, Pedro Castillo, est entré au palais présidentiel le 28 juillet.

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Anticommunisme viscéral

Le leader du collectif La Resistencia (La Résistance) qui compte environ 200 membres, dont la plupart sont petits entrepreneurs, avocats, ex-policiers, militaires ou pasteurs –, s’est pourtant promis d’en finir avec ce gouvernement « communiste ». De petite taille, la chemise impeccable, Jota Maelo travaille comme fondeur de métal dans un quartier populaire de Lima. Lui qui, sur les réseaux sociaux, vitupère contre ses adversaires et déverse sa haine des « rouges », est dans la vraie vie plutôt affable. Il se revendique d’extrême droite, une droite selon lui ni raciste ni xénophobe, mais patriote et viscéralement anticommuniste : « Dieu, patrie, famille est notre slogan. Nous défendons le Pérou pour éviter qu’il se convertisse en un pays socialiste, affamé », explique-t-il au Monde.

Jota Maelo, l'un des leaders du mouvement péruvien d’extrême droite La Resistencia, lors d’une manifestation contre le gouvernement de Pedro Castillo à Lima, au Pérou, le 30 septembre 2021.

Des idées qu’il partage avec une myriade de nouveaux collectifs d’ultradroite. Certains rassemblant une poignée de personnes : Les Combattants, L’Insurrection, La Société des Patriotes, etc. Tous se revendiquent anticommunistes, patriotes et ultra-conservateurs. Certains ont manifesté, insulté, allant jusqu’à harceler des membres du Comité national des élections au lendemain du scrutin, n’hésitant pas à divulguer leurs adresses et à faire le pied de grue devant leur domicile. Le 14 juillet, derrière le mot d’ordre de rétablir la « démocratie », une centaine de personnes ont fait irruption aux abords de la place d’Armes de Lima, menaçant de se diriger vers le palais présidentiel.

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via LeMonde

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