Le premier ministre arménien limoge le chef de l’armée et dénonce une tentative de coup d’Etat militaire

Le Kremlin s’est dit préoccupé par la situation en Arménie, alliée traditionnelle de la Russie.

Le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a dénoncé jeudi 25 février une tentative de coup d’Etat militaire et limogé son chef d’état-major, après que le commandement de l’armée a réclamé la démission de son gouvernement. La Russie, qui dispose d’une base militaire sur le territoire arménien, se dit « préoccupé » par la situation et a appelé « au calme » dans cette ancienne république soviétique.

« Je considère que la déclaration de l’état-major est une tentative de coup d’Etat militaire. J’invite tous nos partisans à se rassembler place de la République » à Erevan, a écrit sur sa page Facebook M. Pachinian. Dans une allocution en direct sur ce réseau social, M. Pachinian a ensuite annoncé le limogeage du général Onik Gasparian, à la tête de l’état-major.

M. Pachinian, qui a pris la tête d’une marche de partisans dans les rues d’Erevan, a prévu de se rendre place de la République où il s’adressera à ses partisans à 16 heures (13 heures à Paris). Il a assuré, toujours sur Facebook, que « les forces de l’ordre assureront la sécurité du rassemblement ».

L’opposition, qui réclame le départ de M. Pachinian depuis la défaite militaire arménienne face à l’Azerbaïdjan au Nagorny Karabakh fin 2020, appelle elle aussi à manifester jeudi.

La veille, M. Pachinian avait limogé Tigran Khatchatrian, l’adjoint du général Gasparian, ce qui avait conduit l’état-major à réclamer sa démission dans un communiqué, jugeant que le premier ministre n’était « plus en mesure de prendre les décisions qui s’imposent ». Ils l’ont accusé « d’attaques destinées à discréditer les forces armées ».

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Défaite militaire face à l’Azerbaïdjan

Le premier ministre avait limogé Tigran Khatchatrian, car ce dernier s’était moqué dans la presse de ses déclarations mettant en cause la fiabilité d’un système d’armement russe, les lance-missiles Iskander, durant le conflit du Karabakh. L’état-major a jugé que cette décision était uniquement basée « sur les sentiments et ambitions personnelles » de M. Pachinian.

Le premier ministre arménien est depuis des semaines sous la pression de l’opposition, qui réclame sa démission à cause de la défaite militaire de l’Arménie face à l’Azerbaïdjan à l’automne 2020 dans le conflit du Nagorny Karabakh.

A l’époque, confronté au risque d’une débâcle, il avait accepté, avec le soutien de l’armée et de son état-major, les conditions d’un cessez-le-feu négocié par le président russe, Vladimir Poutine, qui impliquaient d’importantes pertes territoriales pour l’Arménie.

Erevan contrôle de facto encore, grâce à la présence de séparatistes arméniens, l’essentiel de la région du Nagorny Karabakh. Mais l’Arménie a perdu la ville symbolique de Choucha, ainsi qu’un glacis de régions azerbaïdjanaises entourant la région et qu’elle contrôlait depuis les années 1990.

Cette défaite a été vécue comme une humiliation nationale, et l’opposition tente depuis d’arracher le départ du premier ministre qui avait assuré presque jusqu’au bout du conflit, qui a duré de septembre à novembre 2020, que ses forces avaient l’avantage.

Nikol Pachinian, ancien journaliste et opposant historique passé par la prison, est arrivé au pouvoir au printemps 2018, porté par une révolution promettant de sortir ce pays du Caucase de la pauvreté et de déraciner une élite corrompue. L’Arménie, depuis son indépendance à la chute de l’URSS en 1991, a connu une succession de crises politiques et de révoltes, dont certaines furent meurtrières.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’Arménie s’oriente vers des élections anticipées

Le Monde avec AFP et Reuters

via LeMonde

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