Le président du Honduras accusé d’avoir voulu « inonder » les Etats-Unis de cocaïne

Des affiches représentant le président du Honduras, Juan Orlando Hernandez (« JOH ») et l’inscription « Coupable de trafic de drogue et de génocide. Procès et prison pour JOH », le 3 octobre 2020, lors d’une manifestation à Tegucigalpa.

Un « narco-Etat ». C’est ainsi qu’un procureur américain a défini le Honduras, mardi 9 mars, lors du procès à New York contre un entrepreneur de ce pays d’Amérique centrale gangrené par le crime organisé. Geovanny Fuentes, arrêté le 1er mars 2020 à Miami, est accusé d’avoir acheminé des quantités massives de cocaïne vers les Etats-Unis, en association avec le président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, en échange de sa protection.

M. Hernandez, a assuré le procureur Jacob Gutwillig, aurait également demandé à M. Fuentes l’accès à son laboratoire de cocaïne dans le but d’« envoyer de la drogue sous le nez des gringos [les Américains] » et faire croire à ces derniers que le Honduras luttait activement contre le trafic pour, en réalité, « inonder les Etats-Unis de drogue ».

Juan Orlando Hernandez, élu en 2014 puis réélu en 2017 lors d’élections entachées de soupçons de fraude, aurait touché 25 000 dollars (21 000 euros) de pots-de-vin pour garantir la protection du narcotrafiquant présumé, a affirmé M. Gutwillig, ajoutant que M. Fuentes « était un élément-clé du narco-Etat hondurien ». Si le chiffre de 25 000 dollars peut prêter à sourire – « supposément, 25 000 dollars peuvent suffire à corrompre un président », a ironisé l’avocat de M. Fuentes –, ce n’est toutefois pas la première accusation de corruption contre l’actuel chef de l’Etat hondurien.

Centaines de milliers de dollars

Au quatrième jour du procès, jeudi 11 mars, l’ancien chef du cartel Los Cachiros, Leonel Rivera, détenu aux Etats-Unis après s’être rendu à la justice américaine, a soutenu avoir payé la sœur de Juan Orlando Hernandez, Hilda – décédée en 2017 dans un accident d’hélicoptère –, 250 000 dollars, en 2012, lorsque celui-ci était président du Congrès et candidat à la présidentielle pour le Parti national (PN), en échange de la garantie de ne pas être extradé vers les Etats-Unis.

Lire aussi Le président du Honduras accusé d’avoir reçu un million de dollars du narcotrafiquant « Chapo » Guzman

Pire encore : en octobre 2019, un autre procureur fédéral new-yorkais avait fait sensation en assurant que Juan Orlando Hernandez – surnommé « JOH » dans son pays – avait touché 1 million de dollars de l’ex-chef de cartel mexicain Joaquin Guzman, dit El Chapo. Cette déclaration fracassante avait été faite lors du procès contre Juan Antonio « Tony » Hernandez… un des frères du président. « Tony » a été reconnu coupable de trafic de drogue et devrait connaître sa sentence – probablement au moins quarante ans de réclusion criminelle – ces prochaines semaines.

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via LeMonde

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