Le prince Philip, prince de la bourde

La reine Elizabeth II et le prince Philip, près de Cairn (Australie), en 2002.

Marques d’affection décalées, manifestations de l’humour britannique ou remarques franchement déplacées, voire stupides : le prince Philip n’a jamais cessé d’alimenter un répertoire de gaffes dont les médias se délectaient, au point de publier un « best of » à chacun de ses anniversaires. Titulaire de centaines de titres honorifiques – comme chevalier de l’ordre de l’Eléphant au Danemark ou collier de l’ordre de l’Aigle aztèque au Mexique –, le duc d’Edimbourg aurait pu être aussi élevé au grade de prince de la bourde.

Lire aussi Le prince Philip, époux de la reine d’Angleterre, est mort

Certaines de ses boutades manifestaient clairement une forme de condescendance aristocratique, voire de xénophobie ou de racisme impérial. Au président du Nigeria qui le recevait vêtu du traditionnel boubou, le prince lança en 2003 : « On dirait que vous êtes prêt pour aller au lit ! » A un aborigène, il demanda en 2002 : « Vous vous battez toujours à coups de lance ? » A un patron indien, lors d’une cérémonie célébrant la diversité du Royaume-Uni en 2009 : « Il y a beaucoup de gens de votre famille ce soir ! » « De quelle partie exotique du monde venez-vous ? », demanda-t-il à un lord d’origine jamaïcaine. « De Birmingham », lui répondit l’intéressé.

D’autres gaffes du duc d’Edimbourg n’ont pas dû faire rire ceux et celles qu’elles ont visés. A un groupe d’enfants sourds qui se tenaient près d’un orchestre de steel-drums dans les Caraïbes, en 2000 : « Vu l’endroit où vous êtes, ce n’est pas étonnant que vous soyez sourds », lâcha-t-il. Et l’on peine à croire qu’il ait pu dire en 2002 à une femme aveugle accompagnée d’un chien-guide : « Il paraît qu’il existe des chiens-mangeurs pour les anorexiques, maintenant ! »

Contrarier le formalisme de rigueur

La défense des armes à feu et des bonnes vieilles valeurs ont alimenté d’autres saillies du prince. Après un massacre dans une école écossaise et en plein débat sur l’interdiction des armes, il interrogea en 1996 : « Si un joueur de cricket fait irruption dans une école et tue plein de gens avec une batte, va-t-on interdire les battes de cricket ? » Il avait également affirmé que « les Anglaises ne savent pas faire la cuisine ».

Le prince consort était aussi connu pour sa manière particulière de saluer ses visiteurs et d’amorcer la conversation. « Que faites-vous ici ? », demanda-t-il à un rédacteur en chef du quotidien The Independent. « J’ai été invité, sire », répondit ce dernier. Cinglante, la réplique ne se fit pas attendre : « Vous n’étiez pas obligé de venir ! »

Il vous reste 17.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

Total
1
Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Previous Post

Video – Filmée en train de voler à Dakar, une dame mariée arrêtée à Diourbel

Next Post

Video – « Pourquoi la Rts a refusé de diffuser Maîtresse d’un homme marié »

Related Posts