Le principal représentant en Allemagne de l’organisation Etat islamique condamné à dix ans et demi de prison

Ahmad Abdulaziz Abdullah A., lors de son procès, le 24 février 2021 à Celle (Allemagne).

Il était considéré comme le principal représentant de l’organisation Etat islamique (EI) en Allemagne. Reconnu coupable d’« appartenance à une organisation terroriste », de « financement du terrorisme » et d’« aide à la préparation d’actions violentes », le prédicateur irakien Ahmad Abdulaziz Abdullah A., plus connu sous le pseudonyme d’Abou Walaa, a été condamné, mercredi 24 février, à dix ans et demi de réclusion criminelle par le tribunal supérieur régional de Celle (Basse-Saxe).

Agé de 37 ans, l’homme était arrivé en Allemagne, en 2001, comme demandeur d’asile. Il avait été arrêté le 8 novembre 2016, un mois avant l’attentat commis par le Tunisien Anis Amri contre un marché de Noël de Berlin (12 morts et une cinquantaine de blessés). L’un et l’autre se connaissaient, Anis Amri ayant fréquenté l’un des « séminaires » où Abou Walaa prêchait le djihad en Allemagne.

Si son implication dans l’attentat de Berlin n’a pas été établie, son très long procès – trois ans et demi, 245 jours d’audience et plus de 100 témoins entendus – a en revanche permis de préciser sa mission au sein de l’EI. Une mission qu’il exerçait depuis sa mosquée d’Hildesheim, près de Hanovre (Basse-Saxe), mais aussi sur les réseaux sociaux – Telegram, Facebook et YouTube – où il était très actif tout en prenant toujours soin de ne pas apparaître face caméra, ce qui lui valut le surnom de « prédicateur sans visage ».

Recruteur pour l’EI

A côté de son activité de prêcheur, Abou Walaa travaillait également comme recruteur. Il aurait ainsi contribué au départ d’une vingtaine de personnes, souvent très jeunes, ayant rejoint les rangs de l’organisation terroriste dans les années 2014-2016. Parmi eux figurent notamment deux frères jumeaux allemands, Mark et Kevin K., morts en Irak lors d’un attentat-suicide, en 2015.

D’autres de ses recrues, en revanche, ont opéré en Allemagne. Ce fut le cas de Safia S., une lycéenne de 16 ans qui poignarda un policier dans la gare de Hanovre, en février 2016, et qui a été depuis condamnée à six ans de prison. Mais aussi de Yusuf T., âgé de 18 ans lorsqu’il fit exploser une bombe dans un temple sikh à Essen, en avril 2016, faisant trois blessés. Condamné à sept ans de prison, le jeune homme a raconté être passé à l’acte sous l’influence d’Abou Walaa et de ses lieutenants.

Dans l’arrière-salle d’une agence de voyage

Trois d’entre eux comparaissaient également devant le tribunal de Celle, qui les a condamnés à des peines allant de quatre à huit ans et demi de prison. L’un, Mahmoud O., assistait Abou Walaa à la mosquée d’Hildesheim, tandis que les deux autres, Hasan C. et Boban S., étaient basés dans le bassin industriel de la Ruhr, dans le nord-ouest de l’Allemagne.

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via LeMonde

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