« Le programme de la gauche allemande ne signe pas une bifurcation du contrat social »

Chronique. La perspective de la prise de pouvoir d’une coalition de centre-gauche en Allemagne, avec notamment une fiscalité « moins favorable à la compétitivité », d’après l’institut libéral Montaigne, a ouvert l’espoir d’un rééquilibrage compétitif en Europe.

Si, après les négociations qui suivront les élections du 26 septembre, une telle coalition voit le jour, le SPD en sera le pivot. Or, le programme de son candidat, Olaf Scholz, est en apparence daté, comme inspiré par celui de François Mitterrand en 1981. On y retrouve ainsi la (ré)instauration d’un impôt sur la fortune ou encore une augmentation de 25 % du salaire minimum. Il est cependant peu probable qu’une telle politique ait un impact sur la compétitivité germanique.

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Tout d’abord, les socles de ses performances exportatrices demeureront : externalisations en Europe centrale et force du « made in Germany » alimenté par une capacité grandissante d’innovation. Dans la dernière décennie, l’Allemagne s’est imposée comme la seule grande puissance européenne en matière de recherche et développement. Rapporté au PIB, d’après les dernières estimations d’Eurostat pour 2019, l’Allemagne a même doublé le Danemark et la Finlande et talonne désormais la Suède. La France est définitivement lâchée, et pas seulement pour les dépenses en entreprise : celles réalisées dans les organismes de recherche publics et les universités sont en proportion du PIB 40 % supérieures outre-Rhin.

Les propositions fiscales et budgétaires s’affirment clairement plus distributives. Tous les partis proposent une baisse de la fiscalité sur les moyens et bas revenus, mais le SPD (comme les autres formations de gauche) veut augmenter la fiscalité des plus riches. Toutefois, pour le SPD, le patrimoine professionnel sera exclu de l’assiette de l’impôt sur la fortune. Du côté des entreprises, l’impôt sur les sociétés serait augmenté, mais l’essentiel des recettes nouvelles viendrait d’une lutte contre la fraude fiscale – « Ce n’est pas un délit mineur » – et de la taxation des multinationales essentiellement étrangères du numérique. Ces recettes devraient permettre les investissements dans la transition énergétique.

Orthodoxie

En revanche, le programme n’inclut pas d’augmentation générale des agents publics ; il est vrai que les rémunérations des enseignants en début de carrière sont déjà le double de celles pratiquées en France. In fine, la « flexibilité » budgétaire ne serait mobilisée que dans le respect de la Constitution.

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via LeMonde

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