Le Sénat américain approuve un budget pour éviter la paralysie de l’Etat fédéral

Le lever du soleil frappe le dôme du Capitole, le 30 septembre 202, à Washington, aux États-Unis.

Lancés dans une course contre la montre pour éviter le shutdown, les sénateurs américains ont approuvé, jeudi 30 septembre, un budget temporaire. Ce dernier doit être adopté dans la foulée par la chambre basse, puis promulgué par Joe Biden, avant minuit, afin d’éviter la paralysie des services de l’Etat fédéral. Les enjeux sont si importants que le président des Etats-Unis a préféré annuler un déplacement à Chicago prévu initialement pour mercredi 29 septembre, rester à Washington et mener les négociations avec des élus-clés de son groupe.

Le texte, qui prévoit une prolongation du budget jusqu’au 3 décembre, a été approuvé avec le soutien de républicains en plus des démocrates. Le chef de la majorité démocrate, Chuck Schumer, s’est réjoui de ce rare moment d’union dans un contexte où il y a « tellement de choses à régler ici », en référence à la menace d’un défaut souverain des Etats-Unis et aux tractations agitées au Congrès autour des plans d’investissements de Joe Biden.

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Si cette nouvelle loi de finances n’est pas validée à temps, tous les fonds des services fédéraux seront soudainement coupés vendredi : les ministères, mais aussi les parcs nationaux, certains musées et une multitude d’organismes seraient affectés, forçant des centaines de milliers d’employés au chômage technique. Aucun élu ne veut de l’instabilité que la menace laisse entrevoir, d’autant moins dans un moment où Washington bataille sur de nombreux autres fronts législatifs, notamment, en premier lieu, pour éviter un défaut de paiement des Etats-Unis.

Car, même si le shutdown est finalement évité, il restera le problème du plafond de la dette. S’il n’est pas suspendu ou relevé, les Etats-Unis se retrouveront à court d’argent le 18 octobre, a mis en garde la ministre des finances, Janet Yellen. « Le temps est compté, le danger est réel », a averti Chuck Schumer.

Des réformes à 5 000 milliards de dollars

Les républicains refusent de donner le feu vert à la suspension de la limite d’endettement, qui reviendrait, selon eux, à faire un chèque en blanc à Joe Biden. Ils exhortent les démocrates à l’approuver seuls, à travers une manœuvre parlementaire laborieuse. Mais Chuck Schumer insiste sur le fait que cette voie serait trop « risquée », et que la dette a jusqu’à présent surtout été accumulée sous les précédents présidents.

Les élus de la Chambre des représentants, à majorité démocrate, ont approuvé de leur côté mercredi un texte prévoyant de suspendre le plafond de la dette jusqu’en décembre 2022. Mais, sans aucun soutien républicain, ce projet est mort-né au Sénat. A ce stade, une grande incertitude demeure sur la solution que trouvera le Congrès.

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Sur le front des plans de Biden, plusieurs dizaines d’élus de l’aile gauche démocrate menacent de faire échouer un vote final sur les infrastructures, prévu pour jeudi à la Chambre. Ils s’indignent de ne pas avoir reçu de garanties fermes de la part des centristes sur l’avancée du plan de réformes sociales colossales. Le plus grand doute pèse donc sur ces plans au cœur du mandat de Joe Biden, chiffrés actuellement à près de 5 000 milliards de dollars (4 309 milliards d’euros).

Le président a reçu mercredi les chefs démocrates dans le bureau Ovale et promis que les efforts de la Maison Blanche pour faire avancer ses projets « continuer[aie]nt demain ». En attendant, tous se sont retrouvés dans la soirée autour d’un terrain de base-ball pour un match amical entre parlementaires.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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