Le Sénégal, terre d’élection des étudiants du continent


Cours de philosophie à l’Université Cheick Anta Diop (UCAD) de Dakar, en février 2019.

C’est un concentré du continent qui se croise et se recroise sur ce vaste campus bétonné. Tchadiens, Gabonais, Malgaches, Ougandais, Béninois, Tunisiens… Chaque jour, une Afrique bûche côte à côte sur les bancs de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. « J’étais surpris à mon arrivée ici : je ne pensais pas voir autant d’étrangers comme moi », lance Adjidad Ahmada, un Comorien qui étudie, depuis 2019, la biologie végétale.

Après sa licence, le jeune homme de 29 ans envisageait de passer son master hors des frontières de son archipel natal. D’abord en France, « mais c’était trop compliqué là-bas, il y a beaucoup de procédures administratives. Alors, quand j’ai parlé de mon projet à des amis, ils m’ont conseillé d’aller au Sénégal. Je ne connaissais pas ce pays », confie-t-il. La réputation de l’UCAD a voyagé jusqu’à Moroni, à plus de 7 310 kilomètres de Dakar.

Comme lui, de plus en plus d’étudiants africains choisissent cette partie du continent pour suivre leur cursus universitaire ou intégrer une grande école sénégalaise comme l’Inter-Etats des sciences et médecine vétérinaire. En 2020, selon le ministère sénégalais de l’enseignement supérieur (MESRI), un peu plus de 18 000 étrangers venus du continent – sur 216 657 étudiants – étaient inscrits dans un établissement privé (13 000) et public (5 800). Ils étaient quelque 12 000 en 2016 et seulement 3 000 en 2010.

Vocation panafricaine

Pourquoi un tel attrait ? « Il y a d’abord un facteur historique », estime Ahmadou Aly MBaye, le recteur de l’UCAD, la plus importante université du Sénégal avec près de 90 000 étudiants, dont environ 4 500 issus de tout le continent : « Dès sa création, en 1918, l’établissement [à l’époque, il s’agit de l’Ecole de médecine de l’Afrique-Occidentale française] était destiné à toute la sous-région. Il ne s’est jamais départi de cette vocation. » A l’indépendance, en 1960, Léopold Sédar Senghor, premier président de la République sénégalaise, a voulu faire de cet établissement une institution panafricaine.

Ainsi, les enseignants, qu’ils viennent du Cameroun, du Togo ou de Djibouti, peuvent prétendre à un poste au sein de l’université « sans être discriminés », assure M. MBaye. Ou encore, les étudiants de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) paient le même tarif que les Sénégalais, soit 25 000 francs CFA (38 euros). « Nous avons une politique assez généreuse : notre volonté est de dire aux étudiants étrangers : “Vous êtes chez vous” », souligne le recteur.

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via LeMonde

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