Le Sri Lanka déclare l’état d’urgence après la fuite du président Gotabaya Rajapaksa

Le Sri Lanka, en proie à une grave crise économique et politique, a déclaré l’état d’urgence, mercredi 13 juillet, quelques heures après la fuite de son président, Gotabaya Rajapaksa, a annoncé le bureau du premier ministre, Dinouk Colombage.

La police a annoncé un couvre-feu à durée indéterminée dans la province de l’Ouest, celle de la capitale Colombo, pour contenir les manifestations. Des milliers de personnes se sont rassemblées devant les bureaux du premier ministre, et les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour les empêcher d’envahir le bâtiment.

Le président Rajapaksa, conspué par un fort mouvement populaire, s’est posé tôt mercredi aux Maldives après avoir quitté son pays à bord d’un avion militaire. Le dirigeant de 73 ans, qui a promis de démissionner et avait tenté mardi sans succès de quitter le Sri Lanka, a décollé de l’aéroport international de Colombo avec sa femme et un garde du corps à bord d’un Antonov-32, ont rapporté des responsables des services de l’immigration.

Selon des sources aéroportuaires sri-lankaises, l’appareil a été retenu pendant plus d’une heure sur le tarmac de l’aéroport dans l’attente d’une autorisation d’atterrir aux Maldives.

Mardi, M. Rajapaksa avait été refoulé de l’aéroport de Colombo par les agents de l’immigration et certains de ses conseillers avaient envisagé pour lui et ses proches une fuite à bord d’un navire de patrouille, selon une source haut placée dans le domaine de la défense.

Un vaisseau de la marine avait été utilisé pour transférer samedi le chef de l’Etat du palais présidentiel assiégé par les manifestants au port de Trincomalee, dans le nord-est du pays. Puis, M. Rajapaksa avait rejoint lundi en hélicoptère l’aéroport international de Colombo.

Valise remplie de 17,85 millions de roupies

N’ayant pas encore démissionné, ce qu’il a promis de faire mercredi pour une « transition pacifique du pouvoir », M. Rajapaksa bénéficie encore d’une immunité présidentielle.

Dans cette fuite, le président sri-lankais a laissé derrière lui une valise remplie de documents et 17,85 millions de roupies (49 000 euros) en liquide, désormais sous scellés.

Si le chef de l’Etat démissionne comme il l’a promis, le premier ministre, Ranil Wickremesinghe, sera automatiquement nommé président par intérim jusqu’à l’élection par le Parlement d’un député qui exercera le pouvoir jusqu’à la fin du mandat en cours, c’est-à-dire novembre 2024.

Nommé en mai par le président sri-lankais pour remplacer son propre frère, Mahinda Rajapaksa, M. Wickremesinghe est toutefois aussi contesté par les manifestants qui campent devant le secrétariat présidentiel depuis plus de trois mois pour demander la démission du président en raison de la crise économique sans précédent que traverse le pays.

M. Rajapaksa est accusé d’avoir mal géré l’économie, menant à l’incapacité du pays, en manque de devises étrangères, à financer les importations les plus essentielles à une population de 22 millions d’habitants. Colombo a fait défaut sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars en avril et est en pourparlers avec le Fonds monétaire international pour un éventuel renflouement.

Le Sri Lanka a par ailleurs presque épuisé ses réserves d’essence. Le gouvernement a ordonné la fermeture des bureaux non essentiels et des écoles afin de réduire les déplacements et d’économiser du carburant.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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