Le Sri Lanka plonge dans le chaos


Des manifestants anti et pro gouvernement s’affrontent à Colombo, la capitale du Sri Lanka, le 9 mai 2022.

Après deux mois de manifestations ininterrompues, et au terme d’une journée totalement chaotique, le premier ministre sri lankais, Mahinda Rajapaksa, a démissionné, lundi 9 mai. Son gouvernement a été dissous.

Les partisans du pouvoir avaient organisé à Colombo, la capitale, une action punitive contre les opposants au régime, qui réclament le départ des frères Rajapaksa – le président Gotabaya et le premier ministre Mahinda –, jugés responsables d’une crise économique et financière d’une ampleur inédite. Pour tenter de reprendre la main, le président Rajapaksa avait décrété, le 7 mai, l’état d’urgence, pour la deuxième fois en cinq semaines, et déployé des militaires en renfort de la police.

Dans la matinée, des milliers de partisans pro gouvernement armés de bâtons et de matraques ont démembré le campement des opposants installé depuis le 9 avril à Galle Face, le long de la mer et en face de la présidence. La police a également tiré des gaz lacrymogènes et utilisé des canons à eau pour disperser les manifestants, avant de déclarer un couvre-feu immédiat et d’une durée indéterminée dans l’ensemble de l’île.

Les affrontements ont fait cinq morts et plus de 180 blessés et se sont poursuivis bien après l’annonce de la démission du premier ministre. Colombo avait des airs de guérilla, lundi. Des coups de feu ont été tirés depuis la présidence après la tentative de manifestants d’enfoncer le portail d’entrée et d’incendier un camion garé devant.

Un clan familial au pouvoir

Mahinda Rajapaksa, durant sa cérémonie d’investiture en tant que premier ministre, à Colombo, le 9 août 2020.

Dans le sud de l’île, une foule en colère a également attaqué et complètement détruit le controversé musée Rajapaksa dans le village ancestral de la famille. Des résidences, des propriétés, des voitures appartenant à d’anciens ministres ou à des députés ont été incendiées. A Nittambuwa, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale, un député du parti au pouvoir, Amarakeerthi Athukorala, s’est suicidé après avoir ouvert le feu sur deux manifestants antigouvernementaux qui bloquaient sa voiture.

Avant de devenir premier ministre, en 2019, Mahinda Rajapaksa, 76 ans, avait occupé le poste de président de 2005 à 2015 et porte une lourde responsabilité dans la crise actuelle de ce pays de 22 millions d’habitants, considéré comme un paradis touristique. C’est lui qui a lourdement endetté le Sri Lanka dans des projets d’infrastructures menés dans le cadre du grand projet chinois des routes de la soie (« Roa and Belt ») dont l’utilité n’a pas été démontrée. « Je démissionne avec effet immédiat afin que vous puissiez nommer un gouvernement multipartite pour sortir le pays de la crise économique actuelle » a-t-il annoncé sur Twitter.

Il vous reste 51.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess