Le « super mercredi » suédois tourne au chaos

Magdalena Andersson, quelques minutes après son élection au poste de première ministre, au Parlement suédois à Stockholm, le 24 novembre 2021.

Ce devait être une journée historique en Suède. Et elle le fut. A 10 h 30, mercredi 24 novembre, la leader sociale-démocrate Magdalena Andersson, ministre des finances depuis 2014, est devenue la première femme à être élue au poste de premier ministre. Sept heures plus tard, à 17 h 30, elle annonçait son retrait, après la décision des Verts de quitter la coalition gouvernementale, à la suite de l’adoption par les députés du projet de loi de finances présenté par l’opposition.

Son mandat restera donc dans les annales comme le plus court de l’histoire du pays, même si Magdalena Andersson, âgée de 54 ans, n’a pas eu le temps de prendre formellement ses fonctions. Stefan Löfven, en poste depuis 2014, reste donc le premier ministre en exercice, le temps qu’un nouveau vote soit organisé au Parlement dans les prochains jours. Mme Andersson a fait savoir qu’elle était prête à diriger un gouvernement minoritaire composé du seul parti social-démocrate.

Lire le portrait : Article réservé à nos abonnés Magdalena Andersson, probable future première ministre suédoise

Depuis plusieurs jours, la perspective de ce que les médias locaux avaient baptisé le « super mercredi » faisait trépigner les observateurs de la vie politique suédoise. Il faut dire que l’agenda était particulièrement chargé, avec l’élection du nouveau chef du gouvernement et le vote du budget, à moins d’un an des prochaines législatives prévues en septembre 2022, dans un paysage politique chamboulé, plus imprévisible que jamais.

Défection des centristes sur le budget

En Suède, un candidat au poste de premier ministre est élu si la majorité des députés ne s’y opposent pas. Mercredi, 174 sur 349 ont voté contre elle, soit la moitié moins une voix. Seuls les députés sociaux-démocrates et verts, ainsi qu’une parlementaire indépendante, ont appuyé sur le bouton vert. Les centristes et le parti de la gauche ont voté jaune – l’équivalent du vote blanc.

Or il a fallu trois semaines à Magdalena Andersson pour convaincre les deux formations de ne pas appuyer sur le bouton rouge. Le 10 novembre, un accord avait été trouvé avec le parti centriste, qui exigeait des aménagements de la loi sur la protection du littoral et de la politique de préservation des forêts. Les négociations avec le parti de la gauche se sont poursuivies jusqu’à mardi soir et ont abouti sur la promesse d’augmenter les pensions des 700 000 retraités les plus pauvres.

Mais coup de théâtre mercredi matin : juste avant l’élection de Magdalena Andersson, la chef de file des centristes, Annie Lööv, a annoncé que son parti ne voterait pas, quelques heures plus tard, le projet de loi de finances présenté par le gouvernement, jugé trop « à gauche ». En fin d’après-midi, c’est donc la proposition préparée par les conservateurs, les chrétiens-démocrates et l’extrême droite, qui a été adoptée par les députés.

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via LeMonde

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