Le système suédois des retraites sous le feu des critiques

A Stockholm,  le 4 février. A Stockholm,  le 4 février.

Le froid glacial de ce début d’année et la pandémie de coronavirus ont eu raison de leur détermination. Mais les militantes de l’association Tantpatrullen – « la patrouille des bonnes femmes », en français – l’assurent : dès que les beaux jours reviendront, elles manifesteront de nouveau, tous les jeudis matin, devant le Parlement, à Stockholm, comme elles le font depuis cinq ans, pour exiger une réforme du système des retraites.

Fin janvier, l’Institut suédois de la statistique (SCB) a publié ses derniers chiffres sur l’évolution des revenus dans le pays. Pour la première fois, plus de 15 % des Suédois se retrouvent au-dessous du seuil de pauvreté, avec des ressources inférieures à 60 % du revenu médian. Un groupe en particulier se distingue : les femmes seules de plus de 80 ans, dont désormais 42 % ont basculé dans la pauvreté.

Les statistiques couvraient l’année 2019. Depuis, la situation ne s’est pas améliorée, selon l’énergique septuagénaire Birgitta Sevefjord, cofondatrice de Tantpatrullen. Elle blâme le système des retraites, érigé comme modèle en France, dont elle affirme qu’il est sous-financé et inégalitaire : « C’est un système qui privilégie les hommes, en bonne santé, éduqués, ayant de hauts salaires et capables de travailler pendant au moins quarante ans. »

« Le capital amassé doit être partagé sur plus d’années »

La réforme date de 1994. La Suède passe d’un système par répartition, où le niveau des pensions est indexé sur les quinze meilleures années, à un régime universel, où chaque couronne cotisée ouvre les mêmes droits. L’âge légal de départ à la retraite a été supprimé : en théorie, les Suédois peuvent arrêter de travailler à partir de 61 ans, même s’ils ne peuvent toucher le niveau minimum garanti et certaines aides au logement qu’à partir de 65 ans.

« Quand le système a été mis en place, le législateur pensait que les Suédois décideraient de travailler plus longtemps pour accroître leur pension et améliorer leur situation financière », explique Ole Settergren, analyste en chef à Pensionsmyndigheten, l’Agence des retraites. Force est de constater que cela n’a pas fonctionné : trente ans plus tard, les Suédois partent toujours à 64,5 ans.

Sauf que, entre-temps, l’espérance de vie a augmenté plus rapidement que prévu. Résultat : « le capital amassé doit être partagé sur plus d’années », résume Hakan Svardman, chargé de la politique sociale auprès de Forena, le syndicat des salariés de la finance et des assurances, qui a publié un rapport sur l’évolution des retraites.

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via LeMonde

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