Le tireur du lycée de Parkland en Floride plaide coupable de ses dix-sept meurtres en 2018

Le responsable de la fusillade de Parkland, Nikolas Cruz, avec ses avocats, Gabe Ermine (à gauche) et David Wheeler, le 15 octobre 2021, au palais de justice du comté de Broward, à Fort Lauderdale, en Floride.

« Je suis vraiment désolé de ce que j’ai fait, j’en porte le poids chaque jour. » Nikolas Cruz, auteur d’une tuerie dans un lycée en Floride en 2018, a présenté ses excuses, mercredi 20 octobre, devant les familles de ses victimes massées dans un tribunal près de Miami, après avoir plaidé coupable des dix-sept meurtres qu’il a commis avec un fusil d’assaut.

Corps voûté, tête baissée, l’homme de 23 ans, qui en avait 19 le jour de la tuerie, a déclaré d’une voix peu assurée, dans une salle d’audience bondée :

« Cela me fait faire des cauchemars, j’ai du mal à vivre avec moi-même parfois. (…) Si on devait me donner une seconde chance, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour aider les autres. »

S’adressant aux familles des victimes, il a déclaré : « Je crois que c’est à vous de décider où je vais, si je vis ou je meurs, pas au jury. » Certains proches des dix-sept personnes tuées par Nikolas Cruz étaient dans la salle. Ils ont écouté, les yeux embués, le glaçant récit des événements fait par le procureur. Le tireur devra maintenant être présenté devant un jury pour que sa peine soit fixée. Les procureurs ont confirmé qu’ils demanderaient la peine de mort.

Nikolas Cruz avait ouvert le feu le jour de la Saint-Valentin avec un fusil semi-automatique AR-15 dans le lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, dont il avait été exclu l’année précédente pour « raisons disciplinaires ».

Les ventes d’armes à feu ont augmenté

Cette fusillade est le pire massacre commis en milieu scolaire aux Etats-Unis depuis la tuerie de l’école Sandy Hook, à Newtown dans le Connecticut, lors de laquelle vingt-sept personnes avaient péri.

Malgré ses antécédents psychiatriques, Nikolas Cruz avait pu acheter légalement un fusil d’assaut. Il avait précédé ses crimes de l’enregistrement d’une vidéo, dans laquelle il disait :

« Que commence aujourd’hui mon massacre. Que tous les enfants effrayés courent se cacher. Face à la colère de mon pouvoir, ils vont apprendre qui je suis. »

« Je ne suis rien, je ne suis personne, ma vie est néant et n’a aucun sens », ajoutait-il, précisant qu’il se rendrait un peu plus tard dans son ancienne école en véhicule Uber armé d’un fusil AR-15.

Le drame de Parkland avait suscité une immense émotion. Une mobilisation historique avait été menée par plusieurs lycéens survivants et par les parents de victimes.

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Elle avait culminé le 24 mars 2018 quand une marche avait rassemblé 1,5 million de personnes à travers le pays, c’est-à-dire la plus grande manifestation nationale pour un meilleur encadrement des armes à feu de toute l’histoire des Etats-Unis, faisant entrevoir à certains la possibilité d’une évolution législative.

Il n’en a rien été. Les ventes d’armes à feu ont, au contraire, augmenté ces dernières années aux Etats-Unis, notamment durant la pandémie de Covid-19. Les fusillades à nombreuses victimes restent un fléau dans le pays, mais les blocages au Congrès, sous l’influence du lobby des armes, rendent improbable toute avancée majeure sur le sujet.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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