Le Togo surveille avec inquiétude le risque terroriste à ses frontières

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A Lomé, en avril 2020.

La nuit, au large de Lomé endormie et de ses plages de cocotiers, l’horizon scintille de mille feux, mirage d’une rive inexistante. Ce sont les lumières de mâts, de poupe ou de flancs d’une armada de tankers, vraquiers ou autres porte-conteneurs au mouillage. Le port de la capitale du Togo, connu de tous les armateurs pour ses eaux naturellement profondes, n’est la destination que d’une partie de ces navires. Les autres, la plupart, ont jeté l’ancre là, pour s’abriter, non pas des tempêtes, mais des pirates, essentiellement nigérians, qui infestent la zone. Ils sont tenus en respect par les radars et les quatre patrouilleurs de la marine nationale qui sécurisent les 75 kilomètres du littoral togolais.

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C’est une fraction infime, et septentrionale, des quelque 5 700 kilomètres de côtes du golfe de Guinée. Mais un havre sécurisé pour tous ces équipages qui attendent parfois des jours le feu vert des autorités portuaires de Lagos, Cotonou ou Accra pour y décharger leurs cargaisons. L’attention portée par les autorités togolaises à la sécurisation de leur frontière maritime est un argument non négligeable, un avantage comparatif dans la compétition commerciale régionale.

C’est aussi une question légitime de sécurité nationale. A en croire Mahamat Saleh Annadif, chef du bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, « les défis sécuritaires créés par les actes terroristes dans le Liptako-Gourma [zone aux frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso] et dans le bassin du lac Tchad ainsi que par la criminalité le long des côtes du golfe de Guinée doivent être abordés sous l’angle régional, parce que le risque d’une jonction entre la menace venant de la mer et celle venant du Sahel est réel ».

« Cible potentielle »

A Lomé, cette éventualité n’est pas négligée. Même si, confie une source sécuritaire, « cette jonction qui implique les intérêts partagés de groupes criminels [les pirates] et d’idéologues islamistes n’est pas évidente ». « Lomé est à 700 kilomètres de Cinkassé [ville frontalière du Burkina Faso], rappelle cette source, mais nous sommes vigilants ». A ce jour, le pays est épargné par les attaques des groupes armés. Mais il surveille son voisinage avec inquiétude.

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via LeMonde

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