L’écologiste Annalena Baerbock aux affaires étrangères

Annalena Baerbock, coprésidente du parti vert allemand (Die Gruenen), arrive pour des négociations de coalition avec des représentants des libéraux allemands (FDP) et du parti social-démocrate allemand (SPD) à Berlin, en Allemagne, le 15 novembre 2021.

Un social-démocrate à la chancellerie et un écologiste aux affaires étrangères : après le tandem Gerhard Schröder-Joschka Fischer (1998-2005), un tel attelage s’apprête, pour la deuxième fois, à prendre les rênes de la diplomatie allemande. Et, sauf surprise, c’est Annalena Baerbock, l’ex-candidate des Verts à la chancellerie, qui devrait hériter des affaires étrangères dans le gouvernement d’Olaf Scholz, dont l’entrée en fonction est prévue la semaine du 6 décembre.

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Si sa nomination est confirmée, Annalena Baerbock sera la première femme à occuper un tel poste en Allemagne. A seulement 40 ans, elle sera aussi sa plus jeune titulaire. Un vrai défi pour elle, qui n’a jamais été ministre. Mais un risque calculé : depuis son élection à la présidence des Verts, en janvier 2018, elle s’est spécialisée dans les questions de politique étrangère et de défense. Des thématiques sur lesquelles elle s’est exprimée plus souvent que son « binôme » à la tête du parti, Robert Habeck, à qui devrait revenir un grand ministère de l’économie, de l’énergie et du climat.

Drones armés

A lire le « contrat de coalition » dévoilé mercredi 24 novembre, le rôle de l’Allemagne sur la scène internationale ne devrait toutefois pas évoluer de façon déterminante avec le départ d’Angela Merkel. « En tant que pôle de stabilité, l’Allemagne doit continuer à jouer un rôle moteur en Europe », peut-on lire dans le document, qui affirme parallèlement l’attachement de Berlin à la relation transatlantique. Sur ce point, si l’objectif fixé par l’OTAN à ses membres de consacrer 2 % de leur PIB à leurs dépenses militaires n’est pas explicitement mentionné, un autre pourcentage est en revanche donné : 3 % du budget pour la politique étrangère, de sécurité et de développement. Ce qui permet au SPD et aux Verts – réticents sur les 2 % – de ne pas se dédire, sans pour autant inquiéter Washington. Autre point qui rassurera les alliés de l’Allemagne : l’acceptation – sous conditions – des drones armés pour équiper la Bundeswehr. Un point sur lequel le SPD avait pourtant freiné des quatre fers ces dernières années.

S’agissant des relations avec la Chine, un pays décrit comme « rival systémique », le ton est, sans surprise, plus ferme que dans le passé. Il en est de même avec la Russie, comme, plus largement, avec l’ensemble des pays ne respectant pas les règles fondamentales de l’Etat de droit. De ce point de vue, la dimension morale de la politique étrangère allemande est davantage mise en avant que dans les « contrats de coalition » des législatures précédentes.

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Pour autant, un tel document est parfois tout aussi révélateur par ses silences que par les intentions qu’il affiche. C’est ainsi que l’on cherchera en vain toute allusion à Nord Stream 2, ce gazoduc controversé entre la Russie et l’Allemagne, dont l’agence allemande des réseaux vient de suspendre provisoirement l’homologation, mais qui reste une pomme de discorde entre le SPD, favorable au projet, et les Verts, qui s’y opposent depuis le début.

via LeMonde

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