L’économie européenne va mieux mais des ombres se font menaçantes

Jusqu’ici, tout va mieux, mais les vents contraires se font plus menaçants. Telle est, en substance, l’analyse que fait la Commission européenne de la situation économique actuelle et qu’elle livre dans ses dernières prévisions, publiées jeudi 11 novembre.

Tout va mieux, c’est indéniable. La reprise, après la pandémie de Covid-19 qui a plongé le monde dans une récession sans précédent, est plus forte que prévu. Le produit intérieur brut (PIB) devrait bondir de 5 % en 2021 et de 4,3 % en 2022, au sein de l’Union européenne (UE) comme de la zone euro. Pour 2023, la croissance devrait atteindre 2,5 % dans le premier cas et 2,4 % dans le second. Avec la levée des mesures de restriction, les consommateurs ont puisé dans les économies qu’ils avaient accumulées au fil des confinements et largement alimenté la croissance. Dans ce contexte, dès cet été, l’économie européenne a renoué avec son niveau d’avant crise.

Cette embellie est partie pour durer, prévoient les économistes de la Commission. Les consommateurs devraient en effet continuer à désépargner, le plan de relance européen de 750 milliards d’euros dont les fonds ont commencé à arriver dans les caisses des Vingt-sept devrait faire sentir ses effets, tandis que le recul du chômage viendra nourrir cette croissance, largement portée par la demande intérieure. D’ailleurs, au deuxième trimestre, l’Europe a créé 1,5 million d’emplois. Et au sein de la zone euro, le taux de chômage devrait baisser de 7,9 % cette année à 7,5 % en 2022 et 7,3 % en 2023, selon les experts de la commission.

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Tassement de l’inflation en 2022

Plusieurs ombres menacent sérieusement ce scénario, préviennent les économistes de l’exécutif communautaire. La principale reste la pandémie, d’abord et avant tout, qui continue à circuler et connaît, depuis quelques semaines, un net regain. Certes, 75 % de la population adulte européenne est vaccinée, mais dans certains pays, comme la Bulgarie (où le taux de vaccination est de 21 %) ou la Roumanie (30 %), seule une petite partie des populations est immunisée. Dès lors, on ne peut exclure le retour de restrictions. Par ailleurs, les risques d’une nouvelle vague aux conséquences ravageuses dans d’autres parties du monde, notamment dans certains pays émergents où les campagnes de vaccination restent balbutiantes, sont réels et ne seraient pas sans conséquence pour le Vieux Continent.

Dans ce contexte, les pénuries de composants et autres matériaux dont souffre le monde, après des mois au cours desquels des usines ont été mises à l’arrêt par la pandémie, pourraient durer plus longtemps que prévu. Et alimenter les pressions inflationnistes actuelles, qui découlent principalement des goulets d’étranglement industriels et de la hausse des prix de l’énergie. L’inflation annuelle dans la zone euro, qui était négative au dernier trimestre 2020 (- 0,3 %), est montée à 4,1 % en octobre. Pour l’heure, la Commission prévoit qu’elle se tasse dès l’an prochain, après un pic à 2,4 % en 2021, pour atteindre 2,2 % en 2022 et 1,4 % en 2023, au sein de la zone euro.

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via LeMonde

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