Législatives en Israël : des résultats indécis mais Nétanyahou salue « une immense victoire de la droite »

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, salue ses supporters, à l’annonce des premiers résultats, le 24 mars à Jérusalem.

Voilà un cauchemar de sondeurs : après deux ans d’impasse et quatre élections législatives, l’avenir du gouvernement israélien repose encore une fois sur quelques milliers de voix.

Mardi 23 mars à 22 heures, à la clôture des urnes, les trois grandes chaînes de télévision israéliennes donnaient au premier ministre Benyamin Nétanyahou une infime majorité de 61 députés sur 120. Trois heures plus tard, ce chemin étroit était effacé. Au vu des premiers bulletins dépouillés, les sondeurs devinent un match nul ou un maigre avantage à l’opposition. La nuit est longue, et le dépouillement ne s’achèvera qu’en fin de semaine.

Une certitude : M. Nétanyahou remporte un premier succès tactique et peut avancer le récit d’une droite dominante, en passe de se réunifier. Mardi soir, il revendiquait « une immense victoire de la droite et du Likoud sous [sa] direction ». Son parti arrive sans surprise en tête, avec trente sièges en moyenne. Il pourra également s’appuyer sur un vote ultraorthodoxe d’une stabilité de granit (seize sièges) et parvient à contenir les défections d’anciens alliés. En chute libre avec six sièges, Gideon Saar constate que les électeurs du Likoud ne sont pas tendres pour ceux qui le quittent.

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Naftali Bennett, ancien collaborateur du premier ministre, éconduit et blessé, chute lui aussi dangereusement. Mais M. Nétanyahou ne peut espérer former un gouvernement sans ce leader du sionisme religieux (Yamina, sept sièges), qui se rêve en faiseur de roi. Mercredi soir, M. Bennett a souhaité attendre les résultats définitifs, tout en rappelant ses états de service d’homme de droite. Il se dit déterminé à lutter contre « les gangs de Bédouins qui font régner la terreur dans le Sud d’Israël » et à « corriger la force excessive du système judiciaire », qu’il considère comme un frein à la colonisation des territoires palestiniens.

Pacte faustien

Itamar Ben Gvir (au centre), dirigeant du parti juif extrémiste Otzma Yehudit, le 22 mars à Jérusalem.

Seconde certitude : si M. Nétanyahou triomphe, il devra son salut à un pacte faustien. Il fait entrer au Parlement les suprémacistes juifs d’Otzma Yehudit, le parti des colons les plus extrêmes, héritiers du rabbin Meir Kahane.

Dans les années 1980, avant que ses précurseurs ne soient bannis de la Knesset, le député du Likoud Michael Eitan comparaît leur programme de subjugation des Palestiniens aux lois nazies de Nuremberg. Aujourd’hui, leur alliance avec l’extrême droite religieuse et une formation homophobe leur promet sept sièges sur les écrans de télévision.

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via LeMonde

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