L’Equateur, pion de la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis

La centrale hydroélectrique Coca Codo Sinclair dans la province de Napo, en Equateur, le 20 novembre 2018.

Pékin ou Wahington ? L’Equateur, « partenaire stratégique » de la Chine à l’époque du président Rafael Correa (2007-2017), s’est rapproché des Etats-Unis depuis que Lenin Moreno est au pouvoir. Mais le deuxième tour de la présidentielle, qui, le 11 avril, se jouera entre l’économiste de gauche Andres Arauz, proche de M. Correa, et l’ex-banquier Guillermo Lasso, pourrait modifier la donne. D’autant que la crise sanitaire liée au Covid-19 a encore augmenté les besoins de financement de ce petit pays endetté.

Le 9 décembre 2020, Adam Boehler, le directeur de la Corporation financière pour le développement (DFC), institution créée par Donald Trump pour contrer l’influence de la Chine dans les pays en voie de développement, annonçait la signature, avec le gouvernement de Lenin Moreno, d’un accord-cadre qu’il qualifiait de « nouveau modèle ». Cet accord – qui n’a toutefois pas encore été validé par le conseil d’administration de la DFC – octroierait à l’Equateur une ligne de crédit de 3,5 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros) pour prépayer une partie des dettes, monétiser ses actifs et financer des investissements productifs.

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En échange, selon le quotidien Financial Times, le pays latino-américain s’engagerait à exclure les entreprises chinoises du secteur stratégique des télécommunications et de son réseau 5G. L’intention est claire. « Les Américains testent en Equateur leur stratégie pour évincer la Chine du continent », résume Paulina Garzon, directrice de l’Initiative pour les investissements durables Chine-Amérique latine.

Opacité des contrats

« La monétisation d’actifs est le nouveau nom des nationalisations d’entreprises publiques, rappelle l’économiste équatorien Po Chun Lee. La recette n’est pas nouvelle. » Le terme suffira-t-il à rassurer les esprits et les manifestants ? En octobre 2019, à l’appel des organisations indiennes, ils bloquaient le pays pendant plusieurs jours pour protester contre l’augmentation du coût de l’essence et autres mesures d’ajustement exigées par le Fonds monétaire international (FMI). Les investisseurs craignent que M. Arauz n’abandonne l’organisme multilatéral et l’austérité. Ses partisans l’espèrent.

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C’est en 2008 que la Chine – en pleine expansion – et l’Equateur se sont rapprochés, après que le pays a fait défaut sur une partie de sa dette, jugée « illégitime et odieuse » par le président Rafael Correa. Quito se tourne vers les banques chinoises et des prêts contre du pétrole sont négociés dans des conditions fort peu transparentes. Depuis, l’Equateur livre au géant asiatique plus de 80 % de ses exportations de brut. Les livraisons devraient prendre fin en 2024.

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via LeMonde

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