Les banques françaises vont profiter de la hausse des taux d’intérêt

Bien qu’étant exposées à la guerre en Ukraine à travers leurs filiales à Moscou ou à Kiev, mais aussi par le biais des prêts accordés depuis Paris aux grandes entreprises russes, les banques françaises ont réalisé des résultats bien meilleurs que prévu au premier trimestre. Après une année 2021 record, BNP Paribas, la première banque française, a dégagé un bénéfice net de 2,1 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année, en hausse de 19 % grâce à la bonne performance de sa banque de financement et d’investissement. Le groupe Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE) a accru son profit net de 43 %, à 785 millions d’euros

Société générale voit aussi son résultat net progresser légèrement, de 3 %, à 842 millions d’euros, alors même que son coût du risque (les sommes mises de côté pour faire face aux éventuels impayés) a doublé, à 561 millions d’euros, en raison de la guerre en Ukraine. La banque avait annoncé en avril la cession de la totalité de sa participation dans sa filiale russe Rosbank avec, à la clé, un impact négatif de 3,1 milliards d’euros, qui n’apparaîtra toutefois dans le compte de résultat qu’au moment de la vente effective, espérée « dans les toutes prochaines semaines » par Société générale.

Seul le groupe Crédit agricole a vu son bénéfice net reculer, de 24 %, à 1,3 milliard d’euros, pénalisé par près de 600 millions d’euros de provisions, conséquence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février. Ensemble, les quatre premières banques françaises ont donc dégagé un profit de 5 milliards d’euros. Les trois établissements cotés, BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole SA, ont pourtant vu leur cours de Bourse chuter depuis le début de l’année, respectivement de 16 %, 26 % et 21 %.

« Il ne faut pas qu’ils augmentent trop »

« Une telle déconnexion entre les bons résultats des banques et leur performance en Bourse s’est rarement vue, réagit Jérôme Legras, directeur de la recherche chez Axiom Alternative Investments. La hausse actuelle des taux d’intérêt, dont les banques rêvaient depuis dix ans, est oubliée, le marché s’inquiétant d’une récession liée au conflit en Ukraine et du retour de l’inflation. » Après une longue période de taux historiquement bas, voire négatifs, les banques vont en effet tirer profit de leur remontée, car ils constituent la matière première des établissements de crédit, sur lesquels ils peuvent dégager une marge.

Mercredi 11 mai, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a préparé le terrain à une hausse des taux d’intérêt en juillet, pour faire face à la flambée de l’inflation. « Il ne faut pas que les taux augmentent trop », note toutefois le patron d’une banque française, « ce serait mauvais pour la croissance ». Déjà, ce dernier perçoit dans les comptes de ses clients le ralentissement économique et les premiers effets de la hausse des prix.

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via LeMonde

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