Les « bidenomics », ou l’économie à pas lents selon le président américain

Le président américain, Joe Biden, le 27 septembre 2021, à la Maison Blanche, à Washington.

« Les Américains ont voté pour le repos, pas pour une révolution. » Tel était le commentaire, en avril, du Wall Street Journal, pointant une contradiction, selon lui, dans le comportement du président qui allait présenter son plan de reconstruction de l’Amérique, Build Back Better (« Reconstruire mieux », BBB), devant les deux Chambres du Congrès réunies : « Elu comme l’anti-Trump, Joe Biden aspire à être la deuxième incarnation de FDR [Franklin Delano Roosevelt (1933-1945), le père du New Deal qui transforma l’Amérique après la crise de 1929] », accusait le quotidien des affaires.

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Ce débat, au fond, est en train d’être tranché au Congrès, alors que Joe Biden cherche à faire voter toute une série de mesures qui façonneront son mandat : le relèvement des moyens financiers du Trésor pour éviter une fermeture de l’administration et le vote des deux volets de son plan Build Back Better, un plan d’infrastructures et un vaste plan de réformes écologiques et sociales, qui ne passent pas la rampe au Congrès. L’aile gauche démocrate ne veut pas voter définitivement le plan infrastructures à la Chambre des représentants, tant que les deux sénateurs démocrates centristes Joe Manchin (Virginie-Occidentale) et Kyrsten Sinema (Arizona) n’apportent pas au Sénat leur voix indispensable au vote du plan social.

Reproches sur le plan de relance

Une remise en perspective permet d’illustrer ce que sont les « bidenomics », terme utilisé par la presse américaine pour désigner la politique économique suivie par le président démocrate depuis janvier 2021. Il existe trois plans très différents.

Le premier, d’un montant de 1 900 milliards de dollars (1 600 milliards d’euros, 8,5 % du PIB), visait à contrer l’épidémie de Covid-19 et la crise économique qu’elle avait provoquée. Signé en mars, il s’inscrivait dans la continuité des plans votés sous Donald Trump, en avril 2020 (2 000 milliards de dollars) et décembre 2020 (900 milliards de dollars) par un Sénat républicain et une Chambre démocrate. Ceux-ci visaient à compenser la syncope de l’économie en finançant les pertes et les salaires des entreprises, en introduisant de généreuses allocations-chômage fédérales et en envoyant des chèques fiscaux aux ménages.

Très coûteux, ces plans ont permis aux Américains d’augmenter en 2020 leur revenu net disponible après impôt… et de jouer en Bourse. Mais il a été reproché au plan Biden d’arriver à contretemps, alors que l’économie rebondissait déjà et que l’épidémie de Covid-19 reculait grâce aux vaccins. Et les allocations-chômage ont été accusées d’inciter les Américains à ne pas reprendre un emploi. De fait, lorsque des Etats (républicains) ont supprimé par anticipation cette allocation fédérale fin juin, plus de 1 million d’emplois ont été créés le mois suivant. Dans cette séquence, M. Biden a échoué dans sa tentative de doubler le salaire minimal fédéral horaire à 15 dollars.

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via LeMonde

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